Sommet de l'UA : Mahamoud Ali Youssouf dénonce l'extermination en Palestine mais reste timoré sur les conflits africains
UA : Youssouf dénonce la Palestine mais timide sur l'Afrique

Discours contrasté au sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba

Le 39e sommet de l'Union africaine s'est ouvert le 15 février 2026 au siège de l'organisation continentale à Addis-Abeba, en Éthiopie. Dans son allocution inaugurale, le président de la Commission de l'UA, Mahamoud Ali Youssouf, a prononcé des paroles vigoureuses concernant la Palestine, tout en adoptant une posture plus réservée face aux multiples conflits qui déchirent le continent africain.

Une condamnation ferme de la situation palestinienne

Devant les chefs d'État réunis le 14 février, le dirigeant djiboutien a lancé un appel pressant : « L'extermination du peuple palestinien doit cesser ». Cette déclaration sans équivoque a marqué un moment fort de la cérémonie d'ouverture, soulignant l'engagement de l'organisation panafricaine sur la scène internationale.

Un silence relatif sur les crises africaines

En revanche, Mahamoud Ali Youssouf s'est montré notablement plus discret concernant les conflits qui ravagent plusieurs régions d'Afrique. Il a simplement constaté : « Du Soudan au Sahel, à l'est de la République démocratique du Congo, en Somalie et ailleurs, nos populations continuent à payer le prix fort de l'instabilité ».

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Cette prudence contrastée n'a pas échappé aux observateurs. Laetitia Bader, directrice pour la Corne de l'Afrique au sein de l'ONG Human Rights Watch, regrette amèrement cette approche. Elle estime que cette déclaration reflète « l'inaction des États membres et des dirigeants de l'UA lorsqu'il s'agit de promouvoir la responsabilité et la prévention des atrocités à leurs frontières ».

L'exemple criant du conflit soudanais

La chercheuse pointe du doigt le cas spécifique du Soudan, où une guerre dévastatrice dure depuis près de trois ans. Selon elle, l'Union africaine « a manqué plusieurs occasions de condamner les atrocités horribles commises contre les civils par les belligérants, notamment par les Forces de soutien rapide », le groupe paramilitaire opposé à l'armée soudanaise.

Bader ajoute que l'organisation a certes appelé à la protection des populations, mais que « ses plans ne se sont jamais concrétisés ». Cette incapacité à traduire les paroles en actions concrètes illustre les limites de l'institution face aux crises internes au continent.

Un sommet sous le signe des doubles standards

Ce 39e sommet de l'Union africaine révèle ainsi une divergence troublante dans le positionnement de l'organisation. Alors qu'elle se montre ferme et déterminée sur la question palestinienne, elle semble hésitante et peu efficace lorsqu'il s'agit des conflits qui ensanglantent ses propres États membres.

Cette situation soulève des questions fondamentales sur la cohérence et la crédibilité de l'UA dans son rôle de promoteur de la paix et des droits humains, tant à l'échelle internationale qu'au sein du continent africain.

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