Elle est la deuxième puissance économique mondiale et pourtant. La Chine reste bien mystérieuse, du moins méconnue, même par les spécialistes qui s’informent sur les relations internationales et ses enjeux.
Un test révélateur
C’est ce qu’a révélé une question toute simple posée par le géopolitologue Gilles Gressani, cofondateur de la revue Le Grand Continent, dans son dernier livre L’Ennemi qui nous désigne (Gallimard, 2026) et reprise par David Pujadas sur le plateau de LCI le 28 mai dernier. « Je vous pose la question autour de cette table : qui peut citer aujourd’hui le nom de trois Chinois vivants ? », a demandé le journaliste en présence de Ruth Elkrief (LCI), Jean Quatremer (Libération), Pascal Perri (TF1/LCI) et Thierry Fabre (Challenges). Seul un nom vient : Xi Jinping, le président chinois.
Un problème fondamental
« Ça dit quelque chose de fondamental », estime alors Gilles Gressani, qui souligne un « problème quand des personnes cultivées, qui s’intéressent aux affaires internationales, qui lisent la presse, ont du mal à se représenter l’existence de trois figures chinoises ». Un signe que les Français, même les plus érudits, ne se représentent pas la réalité contemporaine. Malgré les chiffres qui montrent que la Chine représente « la moitié de ce qui compte en géopolitique et en économie », « nous continuons à ignorer totalement ce qui se passe », prévient-il.
Ce constat interpelle à l’heure où les relations internationales sont dominées par les tensions entre Pékin et Washington. La méconnaissance de la société chinoise, de ses acteurs économiques, culturels ou politiques, pourrait nuire à une compréhension fine des enjeux mondiaux. Gressani invite ainsi à dépasser les clichés et à s’intéresser davantage à la diversité des profils qui façonnent la Chine d’aujourd’hui.



