Tchad : Boko Haram frappe, trois jours de deuil national décrétés
Tchad : Boko Haram frappe, trois jours de deuil

Le gouvernement tchadien a décrété trois jours de deuil national à la suite de deux attaques perpétrées par le groupe djihadiste Boko Haram dans la région du Lac, au bord du lac Tchad. Ces attaques, survenues mercredi 6 mai, ont fait au moins 15 morts et 30 blessés, selon un bilan provisoire des autorités locales.

Des attaques simultanées dans la région du Lac

Les deux attaques ont eu lieu quasi simultanément dans les localités de Kaiga Kindjiria et de Tchoukoutalia, situées à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale provinciale, Bol. Des hommes armés non identifiés ont ouvert le feu sur des civils et des militaires, avant de se replier vers la frontière nigériane. Les forces de sécurité tchadiennes ont rapidement été déployées sur les lieux pour sécuriser la zone et prendre en charge les blessés.

Le ministre de la Défense, Mahamat Abali Salah, a confirmé que les assaillants appartenaient à Boko Haram, un groupe qui mène depuis 2009 une insurrection dans le nord-est du Nigeria et dans les pays voisins du bassin du lac Tchad. Il a précisé que les militaires avaient réussi à repousser les assaillants, mais que les pertes étaient lourdes.

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Un bilan humain lourd et des familles endeuillées

Les autorités locales ont fait état de 15 morts, dont 12 civils et 3 militaires, ainsi que de 30 blessés, certains dans un état grave. Les victimes ont été transportées à l'hôpital de Bol, où des équipes médicales supplémentaires ont été dépêchées depuis N'Djamena. Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a présenté ses condoléances aux familles des victimes et a promis que les auteurs de ces actes seraient traduits en justice.

La région du Lac est régulièrement le théâtre d'attaques de Boko Haram et de son groupe dissident, l'État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap). Malgré les opérations militaires menées par la Force multinationale mixte (FMM), qui regroupe le Tchad, le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Bénin, les groupes djihadistes continuent de mener des raids meurtriers.

La réaction du gouvernement et la communauté internationale

Le gouvernement tchadien a décrété trois jours de deuil national à compter du jeudi 7 mai. Pendant cette période, les drapeaux seront mis en berne sur tous les bâtiments publics et les activités officielles seront suspendues. Le ministre de la Communication, Abderaman Koulamallah, a appelé la population à rester unie et à soutenir les forces de sécurité dans leur lutte contre le terrorisme.

La communauté internationale a condamné ces attaques. L'Union africaine, par la voix de son président, Moussa Faki, a exprimé sa solidarité avec le Tchad et réitéré son engagement à soutenir les efforts régionaux de lutte contre le terrorisme. La France, partenaire historique du Tchad, a également condamné ces actes et proposé son aide en matière de renseignement et de logistique.

Le Tchad est un acteur clé dans la lutte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad. Ses forces armées sont régulièrement déployées aux côtés des armées nigériane, nigérienne et camerounaise. Cependant, les ressources limitées et l'étendue de la zone à sécuriser rendent la tâche difficile. Les récentes attaques mettent en lumière la persistance de la menace djihadiste dans la région.

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