Le gouvernement australien a annoncé jeudi 7 mai 2026 une mesure contraignant les principaux exportateurs de gaz du pays à réserver 20 % de leur production à la consommation domestique. Cette décision, prise par le ministre de l'Énergie Chris Bowen, vise à protéger l'Australie de la « volatilité des prix mondiaux » dans un marché perturbé par le conflit dans le Golfe.
Un contexte de tensions mondiales
L'Australie est l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Les prix du GNL ont fortement augmenté en raison du blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transitaient environ 20 % de la production mondiale. Selon l'Association asiatique du gaz naturel et de l'énergie, près de 40 % du GNL du Japon provient d'Australie, qui est également un fournisseur majeur de la Chine et de la Corée du Sud.
Garanties pour les partenaires commerciaux
Chris Bowen a assuré qu'« aucun contrat existant » ne serait affecté par cette mesure. « Nous avons consulté étroitement nos partenaires commerciaux pour nous assurer que le monde entier comprenne bien que l’Australie restera toujours un fournisseur d’énergie fiable », a-t-il déclaré. Le gouvernement entend ainsi conserver « une plus grande partie du gaz dont nous avons besoin sur notre territoire ».
Création d'un stock national et transition énergétique
Mercredi 6 mai, le Premier ministre Anthony Albanese avait annoncé la constitution d'un stock de carburant d'un milliard de litres, alors que l'Australie était jusqu'à présent l'un des rares membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à ne pas disposer de réserves nationales. Par ailleurs, Chris Bowen a rappelé que le pays, également grand producteur de charbon, s'efforce de réduire sa dépendance aux énergies fossiles « en investissant dans des énergies renouvelables fiables et souveraines ». Selon l'organisme IEEFA, l'Australie a produit 5 566 pétajoules de gaz lors du dernier exercice (2024-2025), soit plus de 900 000 barils équivalent pétrole.



