Des frappes de drones meurtrières à Khartoum
Le Soudan a accusé l'Éthiopie d'être impliquée dans des attaques de drones qui ont frappé la capitale Khartoum, faisant plusieurs victimes civiles. Ces frappes, survenues dans la nuit de mardi à mercredi, ont visé des quartiers résidentiels, provoquant l'indignation des autorités soudanaises. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères soudanais, les drones utilisés portaient des marques indiquant une origine éthiopienne. Cette accusation a immédiatement ravivé les tensions entre les deux pays voisins, déjà fragilisées par des différends frontaliers et hydrauliques.
Réactions officielles et escalade verbale
Le gouvernement soudanais a convoqué l'ambassadeur éthiopien pour protester contre ce qu'il considère comme une « agression flagrante ». De son côté, l'Éthiopie a rejeté ces accusations, les qualifiant de « mensongères » et de « tentative de détourner l'attention des problèmes internes du Soudan ». Addis-Abeba a également rappelé son ambassadeur à Khartoum pour consultations, marquant une escalade diplomatique. Les deux pays se livrent à une guerre des mots, tandis que la communauté internationale appelle à la retenue.
Un contexte régional déjà instable
Ces incidents surviennent dans un climat de méfiance réciproque. Le Soudan et l'Éthiopie sont en désaccord sur plusieurs dossiers, notamment le partage des eaux du Nil et la région frontalière d'Al-Fashaga. Par ailleurs, le Soudan est en proie à une guerre civile dévastatrice depuis avril 2023, opposant l'armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR). Cette situation complexe rend toute accusation extérieure particulièrement sensible. L'Éthiopie, quant à elle, fait face à ses propres défis sécuritaires, avec des conflits internes dans plusieurs régions.
Appels à la désescalade
Plusieurs organisations internationales, dont l'Union africaine et les Nations unies, ont exhorté les deux pays à privilégier le dialogue. L'ONU a proposé une médiation pour apaiser les tensions. Cependant, les positions semblent se durcir des deux côtés. Les experts craignent que cette nouvelle crise ne déstabilise davantage la Corne de l'Afrique, déjà marquée par des conflits et une insécurité alimentaire. La situation demeure très volatile, et une issue pacifique est encore incertaine.



