Sénégal : le mandat de Diomaye entaché par la querelle avec son ex-binôme
Sénégal : mandat de Diomaye entaché par la querelle Sonko

Le mandat du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024, est déjà terni par une querelle ouverte avec son ancien binôme, Ousmane Sonko, selon un article de Libération publié le 20 août 2025. Moins de dix-huit mois après son accession au pouvoir, la rupture entre les deux hommes, qui avaient fait campagne ensemble sous la bannière du parti Pastef, menace de paralyser l'action gouvernementale.

Une alliance brisée dès les premiers mois

L'article rappelle que Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, ancien leader du parti dissous Pastef, avaient formé un tandem qui avait emporté l'élection présidentielle anticipée de 2024. Leur slogan commun, « Diomaye mooy Sonko, Sonko mooy Diomaye » (Diomaye est Sonko, Sonko est Diomaye), symbolisait une union perçue comme indestructible. Pourtant, dès les premières semaines du mandat, des fissures sont apparues.

Selon le journal, les désaccords ont porté sur la gestion des nominations aux postes clés de l'État et sur la stratégie de lutte contre la corruption. Ousmane Sonko, qui n'occupe aucun poste officiel dans le gouvernement, aurait critiqué ouvertement certaines décisions du président, notamment la nomination de ministres issus de l'ancien régime.

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Des accusations publiques et des tensions croissantes

Le conflit s'est intensifié à l'été 2025. Dans une interview accordée à un média local, Ousmane Sonko a accusé Bassirou Diomaye Faye de « trahir les idéaux de la révolution » et de « s'entourer de personnes compromises ». En réponse, le président a dénoncé des « attaques personnelles » et des « manœuvres de déstabilisation ».

D'après Libération, les partisans des deux camps s'affrontent désormais sur les réseaux sociaux et dans les rues, provoquant des incidents sporadiques. Le 15 août 2025, une manifestation de soutien à Sonko à Dakar a rassemblé plusieurs milliers de personnes, tandis qu'un contre- rassemblement pro-Faye s'est tenu le même jour.

Un impact sur la gouvernance et l'économie

Cette querelle politique a des conséquences concrètes. Le gouvernement, divisé, peine à faire adopter ses réformes phares, notamment la révision du code minier et la baisse du coût de la vie, deux promesses de campagne. Selon des sources proches de la présidence citées par le journal, au moins trois projets de loi sont bloqués à l'Assemblée nationale en raison de l'absence de consensus au sein de la majorité.

Sur le plan économique, l'incertitude politique affecte la confiance des investisseurs. L'article mentionne que le franc CFA s'est déprécié de 2 % par rapport à l'euro depuis le début de la crise, et que les réserves de change de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) ont légèrement diminué.

Le président Diomaye Faye a tenté une médiation en interne, mais sans succès. Selon un conseiller présidentiel cité par Libération, « une rencontre de réconciliation est prévue dans les prochains jours, mais les positions restent très éloignées ». Ousmane Sonko, de son côté, exige des « garanties sur le respect du programme électoral » avant tout dialogue.

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