Quelques heures après le violent séisme au Venezuela enregistré ce jeudi 26 juin, un détachement du 7e Riisc (régiment d’intervention et d’instruction de la sécurité civile) de Brignoles a embarqué son paquetage à destination du territoire sinistré. Depuis lors, les équipes sont à pied d’œuvre sans relâche pour porter secours à une population en grande détresse.
Des moyens conséquents déployés
Le lieutenant-colonel Labbé, chef du bureau opération et chef du détachement actuellement engagé au Venezuela, détaille les moyens mis en œuvre : 83 militaires et 4 chiens du 7e Riisc ont été engagés, complétés par 1 médecin et 1 infirmier du 4e Riisc. Le détachement est parti avec 90 m³ de matériel comprenant des équipements de recherche et localisation de victimes ensevelies, des matériels de découpe et percement des décombres, du matériel médical pour le soutien du détachement et le traitement des victimes, ainsi que tout le nécessaire pour établir une base vie totalement autonome (rations de combat, douches et toilettes de campagne, tentes).
Conditions de travail extrêmes
« La zone dans laquelle nous sommes déployés est très fortement détruite. Des quartiers entiers avec des barres d’immeubles de 12 étages sont totalement à terre. Les bâtiments encore debout sont très fragilisés et menacent de s’écrouler », témoigne le lieutenant-colonel Labbé. Les autorités locales tentent par tous les moyens de faciliter l’action des secours, tandis que la population locale est présente jour et nuit sur les décombres, proposant son aide avec les moyens du bord. Les conditions de travail sont difficiles : il fait très chaud en journée et le travail de percement est très physique.
Missions de recherche et de sauvetage
Une partie de l’action consiste à effectuer des opérations de recherche et de localisation de victimes. Les équipes reçoivent des sollicitations permanentes de la population signalant des endroits où des signes de vie auraient été perçus. Ils font alors passer des chiens de recherche, puis des appareils permettant d’écouter sous les décombres ou de détecter des mouvements. « Souvent, les espoirs sont déçus et ces recherches ne donnent rien », explique l’officier. Le résultat de ces recherches est cartographié et transmis à un poste de commandement international qui s’assure qu’aucune zone ne soit oubliée. Le travail de percement peut prendre huit heures, douze heures ou plus, selon le nombre de planchers et de murs à percer et leur épaisseur.
Un sauvetage qui redonne espoir
« À chaque fois que nos équipes de recherche concluent à l’absence de signe de vie, la déception des familles et des proches est terrible. Ils nous remercient d’être venus, mais nous quittons toujours la zone en partageant leur émotion et leur déception », confie le lieutenant-colonel Labbé. « Souvent aussi, après plusieurs heures d’efforts et de percement, nos équipes ne trouvent que des corps déjà sans vie. C’est également une forte déception. Il faut se remettre au travail ailleurs, avec la même énergie. »
Ce dimanche, les sapeurs-sauveteurs basés à Brignoles ont participé à l’extraction d’un père et de son fils vivants des décombres. « Hier nous avons eu la très grande joie et satisfaction de participer à l’extraction d’un père et son fils des décombres. Cet heureux événement vient justifier à nos yeux tous les autres efforts entrepris. Au milieu de ce désastre, chaque effort compte et le succès de quelqu’un est un succès partagé avec tous les autres », conclut l’officier.



