Deux spécimens de scarabée japonais (Popillia japonica) ont été capturés mi-juin à Cannes, dans les Alpes-Maritimes, a annoncé la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Un mâle et une femelle ont été piégés à proximité d'un axe routier majeur, et leur identification a été confirmée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Il s'agit d'une première détection en France métropolitaine de ce coléoptère ravageur, classé organisme de quarantaine prioritaire par l'Union européenne.
Un insecte polyphage menaçant plus de 300 espèces végétales
Le scarabée japonais, reconnaissable à sa taille inférieure à une pièce de 1 centime et à des touffes de soie blanches autour de l'abdomen, peut s'attaquer à plus de 300 espèces de plantes, selon la DRAAF. Parmi les cultures menacées figurent la vigne, les arbres fruitiers (pommiers, pêchers, cerisiers) et le maïs. Les adultes dévorent les feuilles, les réduisant en dentelle, tandis que les larves se nourrissent des racines, provoquant le dépérissement des plantes dans les cas les plus graves. Originaire du Japon et des îles Kouriles, l'insecte a déjà colonisé les États-Unis (depuis 1916), les Açores, l'Italie (2014) et la Suisse (2017). En France, des individus avaient été interceptés dans l'est du pays en 2025, et un spécimen a été observé en Bourgogne-Franche-Comté le 16 juin dernier. Ces "autostoppeurs" se déplacent via les transports humains (camions, voitures, trains, avions) et peuvent aussi voler à l'âge adulte.
Un plan de surveillance renforcé pour éviter l'invasion
Classé organisme de quarantaine prioritaire par l'UE, le scarabée japonais est interdit de transport, détention, multiplication et dissémination. Un plan de surveillance a été déployé dès 2021 en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec des pièges installés près des routes, frontières et aéroports. Suite à la capture cannoise, le piégeage a été renforcé. Christine Tayeh, coordinatrice scientifique à l'Anses, a déclaré en 2022 : "Nous pensons qu'il y a une chance d'éradiquer le scarabée japonais dès le début de l'invasion, à condition de déployer des moyens de surveillance dynamiques puis de lutte tant que la population est encore faible et isolée." Les méthodes de lutte incluent le piégeage de masse, l'utilisation de produits phytosanitaires et des pratiques agricoles comme l'irrigation en période de ponte. Une fois disséminé, l'insecte devient difficilement éradicable.
Comment signaler un spécimen
Les personnes qui pensent repérer un scarabée japonais sont invitées à le signaler par mail à [email protected] ou par téléphone au 04 13 59 36 54, en précisant la localisation exacte et en joignant des photographies si possible.



