Sabra et Chatila : le documentaire qui revisite l'horreur 40 ans après
Sabra et Chatila : retour sur l'horreur 40 ans après

Plus de quarante ans après les massacres de Sabra et Chatila, le documentaire de Nicolas Jallot, diffusé ce mardi 30 juin à 20h40 sur LCP, plonge au cœur de l'horreur. Intitulé Liban 1982, radiographie d'un massacre, il retrace avec précision le déroulement de ces journées tragiques de septembre 1982, où des milliers de Palestiniens ont été tués dans les camps de réfugiés de Beyrouth.

Un témoignage bouleversant

Le film donne la parole à Nouhad, une survivante qui avait 17 ans au moment des faits. Elle décrit la rue où les corps étaient entassés, et raconte comment sa sœur d'un an et demi, qu'elle portait dans ses bras, a été tuée d'une balle. Son père et ses frères ont été abattus sous ses yeux. Elle a survécu en faisant semblant d'être morte. « Je sortais de chez moi, je voyais des corps partout », confie-t-elle, hantée par ces souvenirs.

Le contexte du massacre

Le bilan exact de la tuerie reste inconnu, oscillant entre 800 et 3 500 morts selon les sources. En 1982, le Liban est en pleine guerre civile, occupé au nord par la Syrie et au sud par Israël. Le 14 septembre, le président élu Béchir Gemayel est assassiné. L'armée israélienne en profite pour occuper Beyrouth et instaurer un couvre-feu. Dans la nuit du 15 au 16 septembre, des fusées éclairantes illuminent le ciel tandis que des centaines de phalangistes libanais encerclent les camps, sous le regard des Israéliens qui ne réagissent pas.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La responsabilité israélienne

Le général Yossi Ben Ari, officier israélien, témoigne dans le documentaire : « J'ai entendu que les phalangistes faisaient couler le sang des femmes et des enfants. C'était l'une des pires expériences de ma vie. » Il espère que son témoignage le libérera de la culpabilité. Le film montre comment l'armée israélienne a facilité l'entrée des phalangistes dans les camps.

La question du pardon

Assaad Chaftari, ancien responsable du renseignement des Phalanges, s'est prosterné aux pieds de Maher, un survivant qui a vu sa famille exécutée. « Il s'est excusé donc je le respecte », confie Maher. Le documentaire interroge la possibilité du pardon et la nécessité de parler pour ne pas oublier.

Le film de Nicolas Jallot, d'une durée de 53 minutes, est disponible en replay sur le site de LCP. Une œuvre nécessaire pour comprendre l'indicible.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale