Première en France : un dragon de Komodo opéré de la cataracte
Première en France : un dragon de Komodo opéré de la cataracte

Le 5 juin 2026, une intervention chirurgicale exceptionnelle a eu lieu dans le Beaujolais : un dragon de Komodo de 50 kg prénommé Curu a été opéré de la cataracte par le vétérinaire-ophtalmologue Guilhem Divol, basé au Muy (Var). C'est une première en France et seulement la quatrième au monde.

Un patient hors norme

Curu, âgé de 13 ans, mesure 2,60 mètres et pèse 50 kg. Vivant au zoo de Touroparc à Romanèche-Thorins (Saône-et-Loire), il montrait des signes de perte de vision : chutes dans la piscine, collisions avec les objets. En février, Guilhem Divol a diagnostiqué une cataracte, une opacification du cristallin entraînant une cécité progressive.

« C'est complètement lunaire », confie le vétérinaire, habitué à opérer chiens et chats. L'impossibilité de transporter l'animal, trop lourd, dangereux et dépendant de la chaleur et des lampes UV, a nécessité une logistique exceptionnelle.

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Une logistique sur mesure

Le bloc opératoire a été déplacé près du zoo, à dix minutes de l'enclos. Quatre vétérinaires ont été mobilisés, des semaines de préparation ont été nécessaires, et du matériel a été acheminé depuis Le Muy, dont un microscope spécialement transporté d'Allemagne. Des sponsors ont également soutenu l'opération.

« C'était une énorme logistique, un gros stress, et un énorme kiffe », résume Guilhem Divol. La difficulté majeure résidait dans le manque de références : « Les opérations de cataracte sur des dragons, je ne suis pas sûr qu'il y en ait eu beaucoup ! Donc je me retrouve avec des documents d'une rareté incroyable. »

Une microchirurgie risquée

L'opération a duré une trentaine de minutes sous sédation. Le vétérinaire a réalisé une incision de 2,5 millimètres avec un appareil fragmentant le cristallin avant d'en aspirer les morceaux. « C'est compliqué de ne pas trembler quand on n'a pas dormi de la nuit », sourit-il. Le danger était réel : « S'il vous mord la main… vous la perdez. »

L'objectif était de redonner la vue à Curu en une seule intervention, car des soins post-opératoires prolongés auraient été impossibles. « Celui qui accepterait de le soigner, il finirait par y rester ! »

Un succès historique

L'opération s'est déroulée avec succès. Guilhem Divol a participé à une première française et à la quatrième mondiale sur cette espèce. « En tant que vétérinaire, on nous demande toujours quel est l'animal le plus incroyable qu'on a soigné. Là… avec un dragon, c'est carton plein. C'est l'expérience la plus folle de ma carrière. »

Un mois après, Curu retrouve progressivement ses habitudes. Nourri de rats injectés de médicaments pendant sa convalescence, il va bientôt pouvoir savourer son plat préféré : un quart de chèvre. Le personnel du zoo envoie régulièrement des nouvelles via WhatsApp pour suivre sa récupération.

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