Des heures de queue pour quelques litres d'essence : c'est le quotidien de millions de Russes alors que les frappes ukrainiennes ciblent les infrastructures d'hydrocarbures. Vladimir Poutine a reconnu une « certaine pénurie » lors d'une rare interview dimanche 29 juin, tout en la qualifiant de temporaire. Mais dans les régions, les images montrent des habitants perdant patience, avec des rationnements et des suspensions de vente décidés par les autorités.
Poutine admet une pénurie mais la minimise
« Nous observons actuellement une certaine pénurie, mais elle n'est pas critique », a déclaré Vladimir Poutine au journaliste Pavel Zourabine. Il a attribué cette crise aux frappes ukrainiennes répétées sur les sites pétroliers, visant à affaiblir l'effort de guerre russe. Le président a promis d'assurer les approvisionnements et de renforcer la défense antiaérienne. Selon The Kyiv Independent, la Russie a puisé dans ses réserves face à une baisse de carburant d'environ 4 % par rapport à l'année dernière.
Rationnement dans plus de la moitié des régions
D'après Les Echos, plus de la moitié des régions russes ont instauré un rationnement, limitant le retrait à 20-30 litres et interdisant la vente en bidon. En Crimée, annexée depuis 2014, l'état d'urgence a été déclaré après des frappes sur des camions-citernes. La vente de carburant y est suspendue, réservée aux services prioritaires, et des coupures d'électricité ont été imposées. Le gouvernement encourage le télétravail et a installé des toilettes mobiles le long des routes pour les conducteurs bloqués dans des files d'attente de plusieurs dizaines d'heures.
Les infrastructures pétrolières dans le viseur de Kiev
Les déclarations de Poutine font suite à des frappes de drones ukrainiens dans la région de Krasnodar, provoquant un incendie à la raffinerie de Slaviansk-sur-Kouban et faisant un mort, selon le gouverneur Veniamine Kondratiev. Le 18 juin, la raffinerie majeure Gazprom Neft, près de Moscou, a été touchée, entraînant explosions et incendie. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a approuvé une « opération de quarante jours contre l'État agresseur », affirmant vouloir « forcer la Russie à mettre fin à la guerre » en sapant le moral des Russes.
Poutine tend la main vers des négociations
Lors de l'interview, Poutine a évoqué la possibilité de négociations avec l'Ukraine et les États-Unis, déclarant « attendre » les négociateurs américains une fois « la phase chaude sur le dossier iranien achevée ». Il a répondu à une question sur le G7 à Évian-les-Bains, où Donald Trump avait estimé que « la Russie devrait conclure un accord » avec l'Ukraine. Malgré les tensions, Poutine a réaffirmé que les attaques ukrainiennes « n'ont aucun effet sur la situation sur le front ».



