Le prix Nobel de physique 2013 a été attribué aux pères du boson de Higgs, cette particule élémentaire dont la découverte a mobilisé des milliers de chercheurs à travers le monde. Parmi eux, une équipe de Montpellier, dirigée par Cyril Hugonie, maître de conférences au laboratoire univers et particules, a joué un rôle clé dans l'analyse des données.
Une découverte historique
Le 4 juillet 2012 restera une date gravée dans l'histoire de la physique. Ce jour-là, les scientifiques ont enfin pu observer le boson de Higgs, surnommé la "particule de Dieu". Théorisé dès 1964 par Robert Brout, François Englert et Peter Higgs, ce boson est la pièce manquante du modèle standard de la physique des particules. Il permet d'expliquer comment les particules acquièrent leur masse. Mais sa découverte n'a été possible que grâce à des efforts titanesques : 48 ans de recherches, 10 000 physiciens et le grand collisionneur de hadrons (LHC) du CERN, un accélérateur de particules ayant coûté 10 milliards d'euros.
Le rôle des chercheurs montpelliérains
Au laboratoire univers et particules de Montpellier, une dizaine de théoriciens, sous la direction de Cyril Hugonie, ont contribué à cette aventure scientifique. Leur mission : développer des codes informatiques pour interpréter les données fournies par le LHC. "Notre rôle était de produire des codes informatiques pour interpréter les données", explique Cyril Hugonie. Cette contribution, bien que discrète, a été essentielle pour valider l'existence du boson de Higgs.
De nouvelles questions pour l'avenir
Si cette découverte conforte le modèle standard, elle soulève également de nouvelles interrogations. "En fait, le boson de Higgs cause autant de problèmes qu'il en résout", souligne Cyril Hugonie. En effet, la matière visible (étoiles, planètes) ne représente que 5 % de la masse totale de l'univers. 25 % serait constitué de matière sombre, et 70 % d'énergie noire, responsable de l'expansion accélérée de l'univers. Les physiciens cherchent donc à comprendre la nature de cette matière sombre. Dans le cadre de la théorie des supersymétries, l'équipe montpelliéraine explore l'existence de plusieurs bosons de Higgs et de superparticules, comme les photinos, qui pourraient constituer cette matière sombre encore inconnue.
Une conférence ouverte à tous
Pour partager ces avancées avec le grand public, Cyril Hugonie donnera une conférence samedi après-midi à 16 heures à Pierresvives. Une occasion unique de plonger au cœur de la physique des particules et de comprendre les enjeux de la recherche fondamentale. La conférence est ouverte à tous, sans prérequis scientifique.



