Maroc : le prix de la viande de mouton flambe avant l'Aïd
Maroc : prix du mouton flambe avant l'Aïd

Au Maroc, le prix de la viande de mouton fait scandale à l'approche de l'Aïd

À quelques jours de l'Aïd el-Kébir, la célébration musulmane du sacrifice, le prix de la viande de mouton au Maroc a atteint des niveaux record, provoquant l'indignation des consommateurs et des appels au boycott. Selon les données du ministère de l'Agriculture, le prix moyen du kilogramme de viande de mouton a augmenté de 20 % par rapport à l'année dernière, dépassant les 100 dirhams (environ 9 euros) dans certaines régions.

Cette flambée des prix s'explique par plusieurs facteurs, notamment la sécheresse qui a frappé le pays ces dernières années, réduisant les pâturages et augmentant le coût de l'alimentation animale. De plus, la demande saisonnière pour l'Aïd el-Kébir, où chaque famille sacrifie traditionnellement un mouton, exerce une pression supplémentaire sur le marché.

La colère des consommateurs

Les Marocains, déjà confrontés à une inflation galopante, expriment leur mécontentement sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes appellent au boycott de la viande de mouton et proposent d'acheter des viandes alternatives, comme le poulet ou le bœuf, pour célébrer l'Aïd. Certains ont même lancé des campagnes pour encourager les gens à ne pas acheter de mouton cette année, afin de protester contre les prix excessifs.

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Dans les souks et les boucheries, les clients se plaignent de l'augmentation des prix. "C'est devenu impossible d'acheter un mouton cette année. Les prix sont fous", témoigne Ahmed, un père de famille de Casablanca. "Nous allons peut-être nous contenter de poulet cette année, même si ce n'est pas la tradition."

Les autorités tentent de rassurer

Face à la grogne, le gouvernement marocain a tenté de rassurer les consommateurs. Le ministre de l'Agriculture a annoncé des mesures pour stabiliser les prix, notamment l'importation de moutons depuis l'Espagne et la Roumanie. Cependant, ces importations n'ont pas encore eu d'effet significatif sur le marché.

Les autorités locales ont également lancé des campagnes de contrôle des prix dans les marchés, mais les commerçants contournent souvent les règles en vendant la viande au noir. "Nous faisons de notre mieux pour réguler le marché, mais la demande est trop forte", a déclaré un responsable du ministère.

Un appel au boycott qui prend de l'ampleur

L'appel au boycott de la viande de mouton pour l'Aïd a gagné en popularité, notamment parmi les jeunes Marocains. Des hashtags comme #BoycottMouton et #AidSansMouton sont devenus viraux sur les réseaux sociaux. Certains militants y voient une forme de résistance face à la hausse du coût de la vie et à l'inaction des autorités.

Pour de nombreuses familles modestes, le sacrifice du mouton est un moment important de l'année, mais le prix devient prohibitif. "Nous aimerions respecter la tradition, mais nos moyens ne nous le permettent pas", confie Fatima, une mère de trois enfants. "Nous allons peut-être nous contenter d'un petit agneau, ou même acheter de la viande déjà préparée."

Cette situation met en lumière les difficultés économiques que traverse le Maroc, avec une inflation qui touche particulièrement les produits de première nécessité. L'Aïd el-Kébir, qui devrait avoir lieu dans moins de deux semaines, s'annonce comme un test pour la résilience des ménages marocains.

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