Marée noire au large de l'Iran : ce que l'on sait de la nappe de pétrole
Marée noire en Iran : les dernières informations

Une mystérieuse nappe grise et blanche au large de l’île stratégique iranienne de Kharg suscite des interrogations. Une immense marée noire semble se confirmer ce vendredi au large de l’Iran, comme le montrent des images satellites notamment relayées par l’Observatoire des conflits et de l’environnement (CEOBS).

Que montrent les images ?

D’après les images satellites relayées notamment par l’agence Reuters, la possible marée noire apparaît comme une tache grise et blanche. Elle a été repérée à 8 km de l’île de Kharg. Selon le New York Times (NYT), la nappe s’étendait ce jeudi sur plus de 50 km2, au vu d’images satellites analysées par le cabinet spécialisé Orbital EOS.

Le quotidien américain évoque que « plus de 3 000 barils de pétrole » pourraient se trouver en mer. D’après le CEOBS, la nappe de pétrole dérive vers le Sud et « il semble peu probable qu’elle soit traitée de manière appropriée ». L’origine de cette marée noire n’est pas connue, a précisé la même source.

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Que disent les spécialistes ?

Pour Leon Moreland, chercheur à l’Observatoire des conflits et de l’environnement interrogé par Reuters, « la nappe semble visuellement correspondre à du pétrole ». Selon lui, elle couvre une superficie d’environ 45 km2. Cette fuite de pétrole est potentiellement la plus importante depuis le début de la guerre entre l’Iran et les États-Unis le 28 février, a indiqué Louis Goddard, cofondateur du cabinet de conseil Data Desk, spécialisé dans le climat et les matières premières, à Reuters.

Auprès du New York Times, Dalga Khatinoglu, spécialiste du secteur énergétique iranien chez Iran Open Data, une initiative indépendante spécialisée dans les données, a émis l’hypothèse que cela soit dû à la baisse du trafic maritime dans la zone. Selon lui, les exportations iraniennes de pétrole ayant été freinées, il est possible que l’Iran ait atteint ses capacités maximales de stockage de pétrole ou s’en rapproche : il aurait donc pu y avoir une fuite. Pour Dalga Khatinoglu, il n’est pas également exclu que cela soit dû à la rupture d’un oléoduc sous-marin.

L’Iran évoque des « résidus »

Pour l’heure, les dirigeants iraniens ne se sont pas montrés très loquaces sur la situation. Mais selon le média en langue arabe Al Jazeera, Téhéran dément qu’une fuite de pétrole soit intervenue au large de l’Île de Kharg.

« Les taches observées sur les images satellites autour de l’île de Kharg proviennent d’huile et de résidus d’eau de ballast des pétroliers, déversés en mer par un pétrolier européen, ce qui nuit à l’environnement », a pour sa part déclaré Jafar Pourkabgani, député de la province de Bouchehr dont dépend l’île de Kharg, selon des propos relayés par l’agence iranienne Tasnim. Il dénonce une « opération psychologique menée par l’ennemi ».

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