Présidentielle 2027 : le RN pénalisé par le contexte international selon un politologue
Présidentielle 2027 : le RN pénalisé par le contexte international

À un an de l'élection présidentielle de 2027, le politologue Jean-Yves Dormagen, président de l'institut de sondages Cluster 17 et professeur à l'université de Montpellier, analyse les rapports de force entre les différentes familles politiques. Selon lui, le contexte international constitue un handicap pour le Rassemblement National (RN) plus que pour les autres partis.

Des sondages non prédictifs mais révélateurs

Jean-Yves Dormagen rappelle que les sondages réalisés un an avant le scrutin ne sont pas prédictifs du résultat final. Il cite l'exemple de Dominique Strauss-Kahn, qui était donné favori avant de disparaître de la course. Certains candidats peuvent abandonner ou être éliminés, tandis que d'autres, initialement peu testés, peuvent émerger. La campagne elle-même modifie les rapports de force. Cependant, ces enquêtes donnent des indications sur les équilibres actuels, notamment le poids de la gauche radicale, de la gauche modérée, de l'espace macroniste, de la droite libérale et de la droite conservatrice, ainsi que la popularité de certains candidats.

Un paysage politique fragmenté

Le politologue souligne le caractère inédit de la fragmentation politique actuelle. Le RN domine avec environ un tiers des intentions de vote, tandis que les autres familles politiques sont très divisées. La droite conservatrice, incarnée par Bruno Retailleau, pèse environ 10 %. L'espace du centre, avec Édouard Philippe en position de leader, atteint environ 15 % selon les configurations. La gauche de rupture, autour de Jean-Luc Mélenchon, recueille un peu plus de 10 %. Enfin, la gauche modérée et sociale-démocrate, représentée par Raphaël Glucksmann et François Hollande, se situe également autour de 10 %. Cette fragmentation dépasse la tripartition observée il y a cinq ou dix ans et s'éloigne considérablement du bipartisme gauche-droite des années 1970 à 1990.

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Bardella ou Le Pen : des profils équivalents

Interrogé sur l'impact du choix entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, Jean-Yves Dormagen indique que leurs niveaux de popularité sont désormais équivalents. Marine Le Pen bénéficiait d'un léger avantage il y a quelques mois, mais depuis sa condamnation et l'émergence de Jordan Bardella comme candidat potentiel, les électeurs du RN semblent voter pour le parti indépendamment de la personnalité qui l'incarne. Cependant, ni l'un ni l'autre ne parvient à incarner pleinement la « présidentialité », en raison d'un déficit d'expérience perçu par les électeurs.

Le contexte international, un frein pour le RN

Selon le politologue, le contexte international jouera un rôle crucial dans le scrutin. Il estime que ce contexte est davantage un problème pour le RN que pour les autres partis. Le RN entretient des positions ambiguës sur l'Union européenne, alors que la population exprime une demande croissante de protection à l'échelle européenne. De plus, les liens historiques du parti avec la Russie constituent un handicap. Enfin, Donald Trump, figure de l'internationale des droites radicales, est très rejeté en France, ce qui perturbe les extrêmes droites européennes. Ces éléments fragilisent le RN dans sa quête de l'Élysée.

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