Mali : six jours de combats acharnés à Anefis et guerre de propagande
Mali : six jours de combats à Anefis et guerre de propagande

Du 7 au 12 juillet 2023, la localité d'Anefis, dans le nord du Mali, a été le théâtre de combats intenses entre l'armée malienne soutenue par les mercenaires russes de Wagner et des groupes jihadistes, principalement le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et l'État islamique au Grand Sahara (EIGS). Selon des sources locales, au moins 30 soldats maliens et 15 mercenaires de Wagner ont été tués, tandis que les jihadistes dénombrent une vingtaine de leurs combattants morts. Les affrontements, parmi les plus violents de l'année, ont également fait des dizaines de blessés et de nombreux déplacés.

Des combats d'une rare intensité

Les hostilités ont débuté le 7 juillet lorsque les forces maliennes et Wagner ont lancé une offensive pour reprendre le contrôle d'Anefis, une zone stratégique située entre Gao et Kidal. Les jihadistes, bien retranchés, ont opposé une résistance farouche. Les combats se sont déroulés à l'arme lourde, avec des tirs d'artillerie et des frappes aériennes. Un habitant d'Anefis, joint par téléphone, a déclaré : « Les explosions étaient incessantes, jour et nuit. Nous avons dû fuir sans rien emporter. » Les deux camps ont revendiqué des victoires, mais aucune source indépendante n'a pu confirmer le contrôle total de la zone.

Une guerre de propagande acharnée

Parallèlement aux combats, une bataille médiatique s'est déroulée sur les réseaux sociaux. Les groupes jihadistes ont diffusé des vidéos montrant des corps de soldats maliens et des équipements saisis, tandis que l'armée malienne a publié des images de combattants jihadistes capturés. Selon le chercheur malien Mohamed Ag Achar, « chaque camp exagère ses succès et minimise ses pertes pour maintenir le moral de ses troupes et influencer l'opinion publique ». Les autorités maliennes ont accusé les jihadistes de désinformation, tandis que les groupes armés dénoncent la propagande de l'armée.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un bilan humain lourd

Les combats ont provoqué le déplacement d'environ 5 000 civils, selon l'ONG locale Aide aux Déplacés. Les infrastructures civiles, notamment le marché et l'école, ont été endommagées. Le ministre malien de la Défense, le colonel Sadio Camara, a affirmé que « l'armée a infligé des pertes sévères aux terroristes », mais n'a pas fourni de chiffres précis. De leur côté, les jihadistes ont revendiqué la destruction de plusieurs véhicules blindés et la capture de munitions. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a appelé à une désescalade, mais ses capacités d'intervention sont limitées.

Le contexte régional

Anefis est un carrefour stratégique sur la route entre Gao et Kidal, deux villes clés du nord du Mali. Depuis le retrait de la force française Barkhane en 2022, les forces maliennes et Wagner tentent de reprendre le contrôle des zones tenues par les jihadistes. Cependant, les groupes armés ont gagné du terrain, profitant du vide sécuritaire. Selon un rapport de l'ONG International Crisis Group, « la situation sécuritaire au Mali s'est dégradée, avec une augmentation des attaques jihadistes de 30 % en 2023 par rapport à 2022 ». Les combats d'Anefis illustrent cette escalade.

Réactions internationales

La communauté internationale a exprimé sa préoccupation. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a condamné les violences et appelé au respect du droit humanitaire. La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a déploré « une escalade inacceptable » et demandé la protection des civils. L'Union africaine a exhorté les parties à un cessez-le-feu. Cependant, les autorités maliennes, qui ont rompu certains accords de défense avec la France, ont rejeté ces appels, les qualifiant d'ingérence.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale