Le Mali traverse une nouvelle phase de violences alors que des groupes jihadistes et indépendantistes ont lancé des offensives coordonnées dans le nord du pays, faisant au moins 15 morts parmi les civils et les forces de sécurité, selon des sources locales. Les attaques, qui ont eu lieu cette semaine, ciblent des positions militaires et des villages, exacerbant une crise humanitaire déjà grave.
Des attaques simultanées dans plusieurs localités
Les affrontements ont éclaté dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal, où des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont mené des assauts. Selon un responsable militaire malien, les jihadistes ont attaqué un camp de l'armée à Tessalit, tuant six soldats et en blessant une dizaine d'autres. Dans le même temps, des indépendantistes touaregs ont pris le contrôle de plusieurs villages dans la région de Ménaka, forçant des centaines de familles à fuir.
Un contexte de fragilité politique
Cette recrudescence intervient alors que le Mali est plongé dans une crise politique depuis le coup d'État de 2020. La junte militaire au pouvoir a rompu les accords de paix d'Alger de 2015 avec les groupes indépendantistes, ce qui a ravivé les tensions. « La situation sécuritaire se dégrade de jour en jour, et les populations civiles paient le prix fort », a déclaré un porte-parole de l'ONU au Mali, citant un rapport interne. Les Nations unies ont recensé 1 200 morts civils depuis le début de l'année, soit une augmentation de 40 % par rapport à la même période en 2022.
Conséquences humanitaires désastreuses
Les attaques ont provoqué le déplacement de plus de 50 000 personnes, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Les organisations humanitaires peinent à accéder aux zones touchées en raison de l'insécurité. « Nous avons besoin d'un cessez-le-feu immédiat pour éviter une catastrophe humanitaire », a plaidé le directeur de l'ONG Médecins Sans Frontières au Mali. Le gouvernement malien, de son côté, a promis de renforcer les opérations militaires, mais les observateurs doutent de sa capacité à contrôler le territoire.
Réactions internationales
La France, ancienne puissance coloniale, a condamné les attaques et appelé à une solution politique. « La violence ne peut être la réponse », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. L'Union africaine a également exprimé sa préoccupation et exhorté les parties à reprendre le dialogue. Cependant, la junte malienne a rejeté toute ingérence étrangère, accusant les pays occidentaux de soutenir les groupes rebelles. Cette escalade risque de compromettre les efforts de stabilisation dans la région du Sahel, déjà fragilisée par l'expansion jihadiste.



