Céréales bloquées et fermes bombardées : le calvaire des agriculteurs ukrainiens
Le calvaire des agriculteurs ukrainiens

Les agriculteurs ukrainiens sont pris en étau entre les bombardements russes qui détruisent leurs infrastructures et le blocus des céréales qui bloque leurs exportations. Selon le ministère ukrainien de l'Agriculture, environ 20 % des silos de stockage ont été endommagés ou détruits depuis le début de l'invasion. Cette double pression menace directement la prochaine récolte et la sécurité alimentaire de millions de personnes à travers le monde.

Des fermes prises pour cible

Dans la région de Zaporijjia, les frappes russes visent délibérément les infrastructures agricoles. Oleksandr, un agriculteur de 54 ans, témoigne : « Ils frappent délibérément nos silos, nos hangars. Ils visent les fermiers, pas seulement l'armée. » Ses propos, rapportés par Le Monde, illustrent la stratégie de destruction systématique des capacités agricoles ukrainiennes.

Les attaques ne se limitent pas aux silos. Les hangars à machines, les entrepôts de semences et les systèmes d'irrigation sont également ciblés. Dans la région de Kherson, des champs entiers ont été minés, rendant les terres inutilisables pour des années. Les agriculteurs doivent souvent travailler sous les bombardements, sans protection, pour tenter de sauver ce qui peut l'être.

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Un blocus qui étrangle l'économie

Parallèlement, le blocus des ports de la mer Noire empêche l'exportation de millions de tonnes de céréales. Avant la guerre, l'Ukraine exportait environ 5 millions de tonnes de céréales par mois. Aujourd'hui, ce volume est réduit de moitié, selon les données du ministère. Les silos sont pleins, mais les navires ne peuvent pas accoster. Les agriculteurs sont contraints de vendre à perte sur le marché intérieur, quand ils trouvent des acheteurs.

Le président Zelensky a déclaré que « chaque jour de blocus coûte à l'Ukraine 100 millions de dollars de recettes d'exportation ». Cette perte sèche fragilise l'économie déjà exsangue du pays. Les petits exploitants, qui n'ont pas les réserves financières pour survivre à une telle crise, sont les plus touchés. Beaucoup envisagent d'abandonner leurs terres, faute de moyens.

La menace sur la sécurité alimentaire mondiale

La crise ukrainienne a des répercussions bien au-delà de ses frontières. Les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, qui dépendent fortement des importations de céréales ukrainiennes, sont particulièrement vulnérables. Une pénurie prolongée pourrait provoquer une flambée des prix et des émeutes de la faim dans plusieurs régions.

L'ONU et la Turquie ont tenté de négocier un corridor humanitaire pour débloquer les exportations, mais les pourparlers sont au point mort. En attendant, les agriculteurs ukrainiens continuent de payer le prix fort. Selon le ministère, plus de 3 000 exploitations ont été endommagées ou détruites depuis le début du conflit. La prochaine saison de semis s'annonce déjà compromise dans les zones les plus touchées, ce qui pourrait réduire encore davantage la production.

Face à cette situation, le gouvernement ukrainien appelle à une aide internationale d'urgence pour soutenir les agriculteurs et reconstruire les infrastructures. Les discussions avec les institutions financières internationales sont en cours, mais sans une solution rapide au blocus, la filière céréalière ukrainienne pourrait s'effondrer, avec des conséquences désastreuses pour des millions de personnes dans le monde.

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