Le relais de 2 000 kilomètres en faveur de la langue régionale a traversé le Marmandais pour la première fois. Entre Boussès et Meilhan-sur-Garonne, l’événement a permis de collecter des témoignages linguistiques et de célébrer la culture gasconne.
Un parcours inédit en Lot-et-Garonne
Début mai, La Passem a mobilisé le Marmandais. Cette course de relais en faveur de la langue occitane a lieu tous les deux ans et a inclus, pour la première fois cette année, une portion lot-et-garonnaise de 76 kilomètres, de Boussès à Meilhan-sur-Garonne. Avec un départ de Bedous le 30 avril et une arrivée à Anglet (64) le 9 mai, elle a traversé huit départements, entraînant dans son sillon, pendant dix jours et neuf nuits, une multitude de coureurs. Qu’ils soient sportifs, occitanistes, ou souvent les deux, ils ont parcouru 2 000 kilomètres.
Animations et défis personnels
Parsemée d’animations au gré des villes et villages traversés, comme à Cocumont et Marmande avec les groupes Gric des Prat et ATP pour de la musique et de la danse, cette longue course a généré des challenges personnels, des rencontres et de l’enthousiasme.
Le ligam : un message occitan transmis de main en main
Un message en occitan se trouvait dans le ligam (le lien), enrubanné et passé de main en main tout au long de la course. Écrit par Dany Madier-Dauba, violoniste et chanteuse de musique traditionnelle, il a été lu à l’arrivée à Anglet.
Un studio d'enregistrement pour collecter la langue
Les coureurs étaient suivis d’une camionnette d’assistance matérielle, d’un véhicule de secours médical et d’un camion équipé d’un studio d’enregistrement. Ce dernier, repérable à son inscription « écouter parler », est géré par le CNRS pour étudier la diversité linguistique en France. Il accompagnait la course de La Passem afin que soient collectés des échanges, des contes, des blagues ou des expressions diverses en langue occitane. Chacun était invité à entrer dans ce studio pour des discussions à bâtons rompus. Jean-Luc Armand, conseiller régional, s’est prêté au jeu.
La variante gasconne de l'occitan
« Dans le Marmandais, on a la variante gasconne de l'occitan, a expliqué Vincenç Javaloyes, chargé d’études et de développement à l’Office public de la langue occitane (Oplo). La langue bouge, a-t-il ajouté, elle évolue selon l’époque, le lieu et aussi l’environnement sociologique. Mon grand-père était menuisier, j’étais en fac pour mes études supérieures : on ne parlait pas le même gascon… ni le même français ! »



