Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé lundi l'élection de Khalil al-Hayya à la présidence de son bureau politique, en remplacement de Yahya Sinouar, tué par Israël en octobre 2024. Le scrutin s'est déroulé sans médiatisation après plusieurs mois de direction collégiale.
Une élection à la quasi-unanimité
Sur Telegram, le Hamas a annoncé « l'élection du frère combattant Khalil al-Hayya à la présidence du bureau politique du mouvement, en remplacement du dirigeant martyr Yahya Sinouar ». Un haut responsable du Hamas a déclaré à l'AFP que Khalil al-Hayya « a été élu à une majorité écrasante par le Conseil général de la Choura », l'organe consultatif chargé notamment d'élire les instances dirigeantes. Sa candidature a reçu un soutien quasi unanime, de Gaza comme de l'étranger.
Parcours d'un dirigeant historique
Né en janvier 1960 à Gaza-ville, Khalil al-Hayya, surnommé Abou Ossama, a grandi dans une famille conservatrice et religieuse. Il a étudié à l'Université islamique de Gaza, puis obtenu une maîtrise en Jordanie et un doctorat en droit islamique au Soudan. Il rejoint les Frères musulmans au début des années 1980 et participe à la fondation du Hamas en 1987.
Khalil al-Hayya a passé trois ans dans une prison israélienne à la fin des années 1990 pour appartenance au Hamas. Il a survécu à deux tentatives d'assassinat, en 2007 et 2014. Plusieurs membres de sa famille, dont sa femme et son fils aîné, ont été tués.
Carrière politique et alliances régionales
Il a été élu député en 2006, lors des dernières élections législatives palestiniennes. En 2017, il devient vice-président de la direction politique du Hamas pour la bande de Gaza avant de succéder à Yahya Sinouar. Selon un membre du Hamas cité par l'AFP, Khalil al-Hayya entretient des relations « privilégiées » avec le Jihad islamique palestinien, le Hezbollah libanais, et des pays arabes comme le Qatar, l'Égypte et l'Algérie, ainsi que des liens étroits avec l'Iran, principal soutien financier et militaire du Hamas. Il était présent aux côtés d'Ismaïl Haniyeh lorsque ce dernier a été tué à Téhéran en juillet 2024.
Symbole de la lutte palestinienne
Yasser Abou Hein, analyste politique gazaoui, estime que la perte de plusieurs de ses enfants et membres de sa famille « lui a valu une grande sympathie » de la part des Palestiniens. La dernière tentative d'assassinat à Doha a fait de lui « une icône et un symbole de la lutte palestinienne », selon l'analyste. Selon des sources au sein du Hamas, Khalil al-Hayya continuera à partager son temps entre le Qatar et la Turquie. Il devrait prendre officiellement ses fonctions la semaine prochaine, ont indiqué plusieurs sources à l'AFP.



