Qui était Izz al-Din al-Haddad, le chef de la branche armée du Hamas éliminé par Israël ?
Izz al-Din al-Haddad, chef militaire du Hamas, tué par Israël

Mort d'Izz al-Din al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas

Israël le dépeignait comme « un terroriste de premier plan », l’un des architectes du massacre du 7 octobre 2023, parmi les derniers hauts commandants impliqués dans la planification de l’attaque encore présents dans la bande de Gaza. Izz al-Din al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, les brigades Izz al-Din al-Qassam, est mort, tué à Gaza par l’armée israélienne, indique cette dernière ce samedi. Une information confirmée à l’Agence France-Presse (AFP) par deux responsables du mouvement islamiste palestinien.

Selon le Hamas, le militaire « a été assassiné lors d’une frappe israélienne visant un appartement résidentiel et un véhicule civil hier (vendredi) ». Des sources médicales locales précisent à Reuters qu’au moins deux frappes contre Gaza ont été menées ce jour-là, tuant sept Palestiniens, dont trois femmes et un enfant. Parmi les victimes se trouvent son épouse et leur fille de 19 ans. Toutes deux ont perdu la vie dans des circonstances encore inconnues.

Un parcours au sein du Hamas depuis l'adolescence

Né en 1970, Izz al-Din al-Haddad est originaire du quartier d’al-Tuffah, dans l’est de la ville de Gaza, retrace le quotidien israélien progressiste Haaretz. Il n’est âgé que de 17 ans lorsqu’il rejoint les rangs du Hamas. Ses premières années, le Palestinien les passe au sein d’al-Majd, la police interne du mouvement islamiste, chargée d’arrêter espions et collaborateurs avec Israël. Surnommé « le fantôme d’al-Qassam » pour sa discrétion, il échappe à plusieurs tentatives d’assassinat au fil des ans, notamment en 2009, 2012 et 2021.

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Izz al-Din al-Haddad gravit les échelons au fil des années. Il prend encore du galon après l’élimination des deux frères Sinouar, Yahya en octobre 2024 et Mohammed en mai 2025. « C’est lui qui a la main sur les opérations militaires », pointait David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Ifas (Institut français d’analyse stratégique), auprès du Parisien en septembre dernier.

Les accusations israéliennes

Tsahal affirme qu’Izz al-Din al-Haddad a « assumé son rôle et a œuvré à la reconstruction des capacités du Hamas, tout en planifiant de nombreuses attaques terroristes contre des civils israéliens et des soldats de Tsahal ». « Tout au long de la guerre, Haddad a été impliqué dans la détention de nombreux otages israéliens captifs du Hamas et gérait le système de captivité des otages du Hamas, en s’entourant d’otages dans une tentative d’empêcher son élimination », soutient encore l’armée israélienne.

Le ministère israélien de la Défense accuse le Palestinien d’être « responsable du meurtre, de l’enlèvement et des souffrances infligées à des milliers de civils israéliens et de soldats de l’armée israélienne », d’avoir « orchestré des attentats terroristes » et d’avoir « refusé de mettre en œuvre l’accord proposé par le président américain Donald Trump visant au désarmement du Hamas et à la démilitarisation de la bande de Gaza ». Il aurait ensuite « ouvertement violé le cessez-le-feu », entré en vigueur le 10 octobre 2025, selon une source militaire israélienne à l’Agence France-Presse, précisant que le chef militaire « a(vait) changé de cachette à de multiples reprises ».

Et pour cause, Izz al-Din al-Haddad se savait menacé par Tsahal, qui a éliminé un grand nombre de responsables du Hamas depuis les sanglantes attaques du 7 octobre 2023. L’État hébreu offrait une prime de 750 000 dollars pour sa capture, rappelle le Wall Street Journal.

Une élimination planifiée

Une source sécuritaire citée par Haaretz déclare que les dirigeants politiques israéliens ont approuvé son assassinat il y a environ une semaine et demie. Le chef de la branche armée du Hamas était surveillé en permanence depuis l’approbation de l’ordre d’élimination. Selon cette source du journal israélien, l’armée a mené la frappe aérienne en raison d’une « opportunité opérationnelle présentant de fortes chances d’éliminer » Izz al-Din al-Haddad.

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Les funérailles communes du leader islamiste, de sa compagne et de leur fille se sont tenues ce samedi à la mosquée des martyrs d’Al-Aqsa, dans le centre de Gaza, en présence d’une foule massive. Les deux fils d’Izz al-Din al-Haddad avaient eux aussi été tués en 2025 dans le conflit qui ensanglante le Proche-Orient.