La campagne électorale des municipales 2026 a-t-elle été biaisée dans certaines villes ? La justice va tenter de répondre à cette question suite à des accusations portées par La France insoumise. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour faire la lumière sur une éventuelle ingérence étrangère d'une entreprise israélienne aux dépens des Insoumis Sébastien Delogu, François Piquemal et David Guiraud.
Des « fausses accusations de viol »
« Vous prenez votre voiture et vous voyez un panneau d'affichage avec votre nom et un QR code qui renvoie vers de fausses accusations de viol », a raconté Sébastien Delogu, candidat à Marseille, lors d'une conférence de presse. François Piquemal, candidat à Toulouse, a évoqué des « créations de pages sur des réseaux sociaux colportant les pires rumeurs », la divulgation de ses mots de passe et de faux visuels de campagne. « L'extrême droite israélienne a-t-elle volé les municipales à Toulouse ? » s'est-il interrogé. David Guiraud, à Roubaix, est le troisième candidat ciblé, selon Jean-Luc Mélenchon. Tous trois auraient été visés pour leur engagement en faveur de la cause palestinienne.
Une campagne de dénigrement depuis Israël
Cette campagne de dénigrement, qui a visé des candidats LFI lors des municipales de mars, a été opérée depuis Israël, selon une source proche du dossier. Les quotidiens Libération et Haaretz évoquent le rôle de deux entreprises basées en Israël.
Un goût de « Bureau des légendes »
Me Xavier Sauvignet, avocat de LFI, a comparé l'affaire à la série d'espions « Le Bureau des légendes », pointant des « officines en Israël, en lien avec des proches du pouvoir et des services d'espionnage israéliens ». Le parquet de Paris a ouvert une enquête « d'initiative » pour « rechercher si la campagne de certains candidats LFI aux élections municipales avait pu être ciblée par une opération dans l'intérêt d'un Etat tiers ». Toutefois, le parquet rappelle que « la notion d'ingérence ne vise pas les intérêts d'une personne ou société étrangère, mais d'un Etat étranger », et qu'aucune suspicion d'une telle intervention ne lui a été signalée. Les chefs d'investigation sont : « intelligence avec une puissance étrangère », « détournement de suffrage d'électeurs par fausses nouvelles ou manœuvres frauduleuses » et « apologie en ligne de terrorisme », au regard de certains logos utilisés.



