Le Groenland, vaste territoire autonome rattaché au Danemark, suscite l'appétit des États-Unis pour ses potentielles réserves de pétrole et de gaz. Selon un rapport de l'Institut géologique américain (USGS), la région pourrait receler jusqu'à 52 milliards de barils de pétrole, soit l'équivalent de la moitié des réserves de l'Arabie saoudite. Cette perspective ravive les tensions entre Washington et Copenhague, alors que le réchauffement climatique rend l'Arctique plus accessible.
Un intérêt américain de longue date
Les États-Unis ont déjà une présence militaire au Groenland, avec la base aérienne de Thulé. En 2019, l'ancien président Donald Trump avait proposé d'acheter l'île, une offre rejetée par le Danemark. Aujourd'hui, l'administration Biden relance l'exploration pétrolière, bien que le Groenland ait interdit toute nouvelle extraction en 2021 pour des raisons environnementales. "Le Groenland est un territoire clé pour la sécurité énergétique américaine", a déclaré un responsable du Département d'État sous couvert d'anonymat.
Les enjeux environnementaux et politiques
Les défenseurs de l'environnement s'inquiètent des conséquences de l'exploitation pétrolière dans une région déjà fragilisée par le changement climatique. "Explorer du pétrole au Groenland serait une catastrophe pour le climat", a affirmé Greenpeace dans un communiqué. Le gouvernement groenlandais, dirigé par Múte Bourup Egede, cherche à diversifier son économie, mais doit composer avec les pressions internationales. Selon un sondage local, 67 % des Groenlandais s'opposent à l'extraction pétrolière.
Des intérêts économiques en jeu
Le Groenland dépend largement des subventions danoises, qui représentent un tiers de son PIB. La découverte de pétrole pourrait offrir une indépendance financière, mais les coûts d'extraction sont élevés et les risques environnementaux immenses. "Le pétrole pourrait être une bénédiction ou une malédiction", a déclaré un économiste groenlandais. Les compagnies pétrolières américaines, comme ExxonMobil, ont déjà mené des explorations dans les années 2000, sans résultat commercial.
Les tensions géopolitiques dans l'Arctique
La région arctique devient un enjeu stratégique majeur, avec la Russie et la Chine qui convoitent également les ressources. Les États-Unis cherchent à renforcer leur présence, tandis que le Danemark rappelle la souveraineté du Groenland. "Nous ne sommes pas à vendre", a martelé le Premier ministre danois Mette Frederiksen. Néanmoins, des discussions bilatérales se poursuivent sur la coopération en Arctique.
Quel avenir pour le pétrole groenlandais ?
Malgré l'interdiction d'extraction, les permis d'exploration restent valables. Le gouvernement groenlandais a accordé des licences à des entreprises comme l'australienne Mineral Resources. Selon l'USGS, les réserves potentielles pourraient répondre à la demande mondiale pendant plusieurs années, mais leur exploitation nécessiterait des technologies coûteuses et risquées. "Le Groenland doit choisir entre la protection de l'environnement et les bénéfices économiques", conclut un analyste.



