La France n'est plus le partenaire de choix des Africains, selon une étude récente qui souligne l'érosion de son influence sur le continent. Alors que Paris tentait de renouveler ses relations avec l'Afrique, notamment lors du sommet de Montpellier en octobre 2021, les perceptions ont changé.
Une concurrence accrue
L'étude, réalisée par l'Institut de recherche sur l'Afrique et les relations internationales, montre que la Chine est désormais perçue comme le premier partenaire économique de l'Afrique, avec des investissements massifs dans les infrastructures et les ressources naturelles. Selon le rapport, 63 % des Africains interrogés considèrent la Chine comme le partenaire le plus influent, contre seulement 18 % pour la France.
Cette perte d'influence s'explique par plusieurs facteurs. D'une part, la France a été critiquée pour son interventionnisme militaire et son soutien à des régimes autoritaires. D'autre part, les pays africains cherchent à diversifier leurs partenariats, notamment avec la Turquie, la Russie et les Émirats arabes unis.
Un discours renouvelé
Emmanuel Macron avait tenté de changer la donne avec un discours sur la jeunesse africaine et la fin de la Françafrique. Cependant, les résultats peinent à se concrétiser. « La France doit accepter qu'elle n'est plus le centre du monde africain », a déclaré un diplomate africain sous couvert d'anonymat.
Les chiffres sont éloquents : les échanges commerciaux entre la France et l'Afrique subsaharienne ont chuté de 15 % en cinq ans, tandis que ceux avec la Chine ont augmenté de 30 % sur la même période. De plus, seulement 12 % des étudiants africains choisissent la France pour leurs études supérieures, contre 25 % il y a dix ans.
Un avenir incertain
Pour inverser la tendance, la France mise sur des initiatives comme le sommet Choose Africa, qui vise à soutenir les startups africaines, ou le renforcement de la francophonie. Mais les défis restent immenses, notamment face à la montée du sentiment anti-français dans certains pays du Sahel.
En conclusion, la France doit repenser en profondeur sa stratégie africaine si elle veut retrouver une place de choix sur le continent. Comme le souligne un expert, « l'Afrique n'attend plus la France ; c'est à la France de s'adapter aux nouvelles réalités africaines ».



