En Afrique, l'enquête sur Betharram face aux silences de la congrégation
Enquête Betharram en Afrique : silences de la congrégation

La commission d'enquête indépendante sur les abus sexuels commis au sein de la congrégation de Betharram a rencontré des difficultés majeures en Afrique, où elle s'est heurtée au silence des responsables religieux locaux. Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs ont été confrontés à un mur de silence lorsqu'ils ont tenté d'accéder aux archives et d'interroger des membres de la congrégation dans plusieurs pays africains.

Un accès limité aux archives

Les experts mandatés par la commission ont cherché à examiner des documents conservés dans les établissements de Betharram en Afrique, mais se sont vu opposer des refus ou des délais injustifiés. « Nous avons été bloqués à plusieurs reprises, notamment au Cameroun et en Côte d'Ivoire, où les supérieurs ont invoqué des motifs de confidentialité ou de procédure interne », a confié un membre de la commission sous couvert d'anonymat. Cette obstruction a considérablement ralenti le travail d'investigation, déjà complexe en raison de la dispersion géographique des sites.

Des témoignages difficiles à recueillir

Outre les archives, la collecte de témoignages s'est avérée ardue. De nombreuses victimes potentielles, souvent issues de milieux défavorisés, hésitent à parler par crainte de représailles ou de stigmatisation. La commission a mis en place des dispositifs de protection, mais la peur reste prégnante. « Les communautés religieuses locales exercent une forte pression sociale, ce qui dissuade les victimes de se manifester », a expliqué une avocate spécialisée dans la défense des droits des enfants.

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Des avancées malgré tout

Malgré ces obstacles, la commission a pu recueillir une vingtaine de témoignages directs en Afrique, corroborant des faits d'abus remontant parfois à plusieurs décennies. Ces récits décrivent des violences physiques et psychologiques, ainsi que des agressions sexuelles, perpétrées par des religieux de Betharram. « Ces témoignages sont cruciaux, car ils permettent de briser le silence et d'établir la réalité des faits », a souligné le président de la commission.

Le rôle de la congrégation

La congrégation de Betharram, fondée au XIXe siècle, est présente dans plusieurs pays africains où elle gère des écoles, des orphelinats et des paroisses. Face aux accusations, la direction de la congrégation a exprimé sa volonté de coopérer, mais les actes sur le terrain contredisent ces déclarations. « Il y a un décalage entre le discours officiel et la réalité locale », a regretté un enquêteur. La commission a exhorté les autorités religieuses à lever les obstacles et à faciliter l'accès aux informations.

Un appel à la transparence

Les travaux de la commission s'inscrivent dans un contexte plus large de lutte contre les abus sexuels dans l'Église catholique en Afrique. Plusieurs associations de victimes ont salué l'initiative, tout en réclamant des mesures concrètes pour garantir la transparence et la justice. « Il est temps que les congrégations religieuses rendent des comptes et que les victimes obtiennent réparation », a déclaré le porte-parole d'une ONG locale. La commission doit rendre ses conclusions définitives d'ici la fin de l'année, mais ces blocages risquent de compromettre l'exhaustivité du rapport.

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