Ce dimanche 12 juillet à 22h45, France 5 diffuse un documentaire inédit intitulé « Edvard Munch, dans la lumière des fjords », qui propose un portrait inattendu du célèbre peintre norvégien. Loin de l'image angoissante du « Cri », cette œuvre de Jean Rousselot (2025, 26 minutes) met en lumière la part solaire et apaisée de l'artiste, souvent occultée par ses toiles expressionnistes.
Le Cri et son mythe
Demandez autour de vous qu’on cite le titre d’un tableau d’Edvard Munch (1863-1944). À coup sûr, on vous répondra : « le Cri ». L’œuvre expressionniste, dont le peintre norvégien a réalisé cinq versions, fait partie d’un cycle d’une vingtaine de tableaux intitulé « la Frise de la vie », resté inachevé. Précédée d’un poème en prose écrit un an auparavant, elle montre une créature inquiétante, bouche grande ouverte et mains sur les tempes.
Le 22 janvier 1892, Munch écrivait dans son journal : « Un soir, je marchais suivant un chemin. […] J’étais fatigué, malade, je me suis arrêté pour regarder vers le fjord, le soleil se couchait, les nuages étaient teintés en rouge comme du sang. J’ai senti passer un cri dans la nature. […] J’ai peint ce tableau comme du véritable sang, les couleurs hurlaient. » Un cri cosmique, en quelque sorte.
Le graffiti qui a forgé la légende
Sur l’une des versions du Cri, dans le ciel rougeoyant, se cache un graffiti de la main de l’artiste : « Ne peut avoir été peint que par un fou ! » Prise au pied de la lettre, cette phrase a contribué à forger sa réputation d'artiste tourmenté. Pourtant, selon certains spécialistes, il ne s’agirait que d’un clin d’œil ironique à la critique de l’époque qui le voyait comme un déséquilibré. Munch n’était pas fou mais certainement hypersensible, marqué par plusieurs deuils et sujet à des épisodes dépressifs.
La maison au bord du fjord
Le parti pris de ce documentaire consiste précisément à montrer la facette plus solaire de l’artiste, qui s’est déployée au bord du fjord d’Oslo. Chaque été, le peintre s’installe dans sa petite maison de pêcheur acquise en 1902 à Asgardstrand, un village dans lequel il se rend régulièrement depuis 1888. L’artiste y vit sommairement, au plus près de la nature. Il cultive ses légumes, se photographie nu, se baigne avec ses amis, qu’il aime recevoir.
Car Munch n’est pas un solitaire : il fréquente volontiers pêcheurs et ouvriers. C’est dans ce village qu’il noue une liaison avec une femme et peint le magnifique « Nuit d’été. La Voix ». Il demande aussi parfois aux habitants de poser pour lui, comme en témoigne le paisible et lumineux « Jeunes filles sur un pont ».
Ce documentaire de 26 minutes, disponible en replay sur france.tv, offre un regard neuf sur un artiste trop souvent réduit à une seule œuvre. Il montre que Munch, loin d'être un ermite torturé, a su trouver une paix et une inspiration profondes dans la lumière des fjords norvégiens.



