Nouvelle épidémie d'Ebola en RDC : 65 décès suspects, risque élevé de propagation
Ebola en RDC : 65 décès suspects, risque élevé

Une nouvelle épidémie d'Ebola a été déclarée vendredi en République démocratique du Congo (RDC). Les autorités sanitaires, qui évaluent encore la situation, mettent déjà en garde contre un « risque élevé de propagation » avec 246 cas suspects dont 65 décès signalés à ce stade.

Une épidémie circonscrite à l'Ituri

Pour l'instant, l'épidémie qui frappe le vaste pays d'Afrique centrale de plus de 100 millions d'habitants est circonscrite à la province de l'Ituri, située dans le nord-est congolais et frontalière de l'Ouganda ainsi que du Soudan du Sud, a souligné dans un communiqué l'Africa CDC, l'agence sanitaire de l'Union africaine (UA) basée à Addis Abeba.

« Une épidémie de maladie à virus Ebola a été confirmée dans la province de l'Ituri », a déclaré l'Africa CDC, ajoutant que « le séquençage est en cours afin de mieux caractériser la souche ». Sur 20 échantillons testés en laboratoire, dans la capitale Kinshasa, quatre décès ont été attribués au virus.

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Des cas suspects dans plusieurs zones

Les cas signalés dans la région au cours des dernières semaines ont été recensés dans les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara, qui comptent chacune près de 150 000 habitants. Des cas suspects, « en attente de confirmation », ont été enregistrés à Bunia, dont la population est estimée à 300 000 habitants environ, selon l'Africa CDC.

Les premières analyses « suggèrent un ebolavirus non-Zaïre », selon l'Africa CDC. La souche Zaïre est la seule pour laquelle vaccins et traitements existent actuellement.

Des équipes sur le terrain

Alors que les analyses se poursuivent et que des équipes de l'OMS ainsi que de l'ONG Médecins sans frontières envoyées sur place tentent encore d'évaluer les risques, dans les zones infectées, de premiers enterrements ont déjà eu lieu et l'inquiétude monte.

« Depuis quelques semaines, la commune de Mongbwalu enregistre des cas de décès en cascade, avec au moins cinq à six morts par jour dans les avenues », a décrit Gloire Mumbesa, un habitant de Mongbwalu, contacté par l'AFP par téléphone.

Un nombre de décès exponentiel

« Nous venons de creuser des tombes pour enterrer trois personnes, mais nous ne savons pas concrètement de quoi ces personnes sont mortes. Nous commençons à avoir peur de tout cas de maladie », a confié Salama Bamunoba, membre de la société civile de Rwampara.

Selon une source sanitaire de la région de Mongbwalu, sous couvert de l'anonymat, un nombre de « décès exponentiel » a été constaté depuis mi-avril. Selon cette source, des patients sont actuellement placés en isolement dans les centres de soins mais les personnels soignants manquent de matériel, notamment de protections.

En RDC, l'acheminement de médicaments est souvent un défi, sur un territoire grand comme quatre fois la France doté de voies de communication limitées et très souvent en mauvais état.

La 17e épidémie d'Ebola en RDC

L'épidémie tout juste annoncée est la 17e épidémie d'Ebola en RDC depuis que la maladie a été identifiée pour la première fois en 1976 au Zaïre, ancien nom de la République démocratique du Congo.

La transmission humaine du virus se fait par les fluides corporels ou par exposition au sang d'une personne infectée, vivante ou décédée, avec pour principaux symptômes des fièvres, vomissements, saignements et diarrhées. Les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu'après l'apparition des symptômes, après une période d'incubation pouvant aller jusqu'à 21 jours.

Le virus, qui reste redoutable malgré de récents vaccins et traitements, a fait 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. Lors des flambées épidémiques des années écoulées, le taux de mortalité a fluctué entre 25 % et 90 %, selon l'OMS.

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