Catherine Salvador raconte les coulisses de l'album hommage brésilien à Henri Salvador
Catherine Salvador dévoile les coulisses d'Henri Salvador Do Brasil

Depuis sa maison de Saint-Cyr, Catherine Salvador raconte les coulisses de l'album « Henri Salvador Do Brasil », avec Eddy Mitchell et des artistes brésiliens. Sorti en juin dernier, cet album hommage du Brésil à l'artiste disparu en 2008 rencontre un franc succès. Les 2000 vinyles frappés étaient déjà épuisés quelques semaines après leur sortie, si bien que la fabrication a été relancée. L'album connaît également un bon succès sur les plateformes de streaming en France, et « au Brésil, n'en parlons pas… », sourit Catherine Salvador.

Un projet né d'une rencontre

Catherine Salvador, qui vit une partie de l'année dans le Var à Saint-Cyr, ne cache pas son émotion. Ce projet d'album est né de la rencontre entre le producteur belge Emmanuel Ryckel et l'artiste multi-instrumentiste brésilien Marcos Valle. « Emmanuel, nous l'avions rencontré à plusieurs reprises avec Henri, se souvient Catherine. Et Marcos Valle est un très grand artiste brésilien. » Fan d'Henri depuis toujours, Marcos Valle écrit sur la pochette du disque : « depuis ce jour d'enfance où, au détour d'un film, je découvris ses interprétations de “Dans mon île” et “Rose” ».

La participation d'Eddy Mitchell

Avec la complicité de Catherine – « Je veillais à ce que l'âme d'Henri soit dans cet album » –, Marcos Valle et Emmanuel Ryckel ont porté ce projet chez Universal, qui s'est montré intéressé. Ils ont conçu ce premier volume de reprises de titres de Salvador, interprétés par des artistes tels que Bebel Gilberto, Simone, ou encore Eddy Mitchell. Eddy Mitchell signe une incroyable reprise du titre « A Cannes, cet été », en duo avec la chanteuse et compositrice brésilienne Zelia Duncan. « Eddy et Henri étaient très potes, et souvent lorsqu'ils se croisaient, ils chantaient cette chanson… », confie Catherine.

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Un inédit : « Je parie »

Onze titres revisitent le répertoire d'Henri Salvador, dont un inédit : « Je parie », interprété par Paula Morelenbaum et Henri Salvador lui-même. « Il avait créé la chanson ici, à Port d'Alon à Saint-Cyr, dans ce studio, explique Catherine. C'est devenu Je parie… À Paris, etc. Il l'avait écrite pour Paula Morelenbaum. Paula était la choriste de Jobim à l'époque, donc elle est marquée aussi par la bossa. Il lui avait envoyé la chanson. Entre-temps, il nous a quittés et le duo n'a jamais pu se faire... » Il est né là, sur cet album. « On a sorti la voix d'Henri de la console du studio. Elle a été retravaillée pour la mettre à niveau par rapport à la voix de Paula. » La fille de Paula, Dora, dont la voix est également sur l'album, a embrassé la même carrière artistique. « Ça fait drôle parce que Dora, on l'a connue toute petite… Le mari de Paula a d'ailleurs été le dernier chef d'orchestre d'Henri. C'est lui qui avait fait les arrangements sur son dernier album. »

Un album de musiciens

Cet album en français et brésilien est, insiste Catherine, « un album de musiciens, avant d'être un album de tubes, une compilation ». Un album pour lequel « ils ont pris le temps de jouer, en direct », sur lequel on entend les percussions, les cuivres, les cordes, dans une ambiance très chill, ode à la douceur de vivre et aux souvenirs. Il pourrait être joué en live l'année prochaine puisqu'« on travaille sur la possibilité de participer à des festivals la saison 2027 ». En attendant, peut-être, un deuxième opus. « On a encore plein de pépites, déjà en boîte, sous le coude ! »

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Amoureux du Brésil et de sa musique

C'est avec l'orchestre de Ray Ventura qu'Henri Salvador découvre le Brésil dans les années quarante, et tombe amoureux de la musique – « ce n'était pas encore la bossa-nova », rappelle Catherine – et de l'état d'esprit. Il y retournera à de multiples reprises. « Et puis, il se trouve que la chanson Dans mon île a été reprise au Brésil par Caetano Veloso et a été un énorme succès. » Qui aura participé à faire connaître l'artiste français. « Au Brésil, il aimait la musique mais aussi la façon de vivre », confie Catherine Salvador. Invité en 2005 par Gilberto Gil et le président Lula, Henri Salvador est fait Grand Croix de l'ordre du mérite du Brésil. « Il en était terriblement fier. Après le palais présidentiel à Brasília, où il a été décoré, il a voulu aller à Rio. Je lui ai demandé quel hôtel il aimerait, il m'a dit "Je voudrais le Copacabana Palace parce que quand j'étais jeune, je n'avais pas les moyens d'y aller." On est donc descendu dans cet hôtel. On a participé à une "feijoada" chez un ami brésilien, avec la plupart des musiciens qui avaient travaillé avec Jobim, ils ont dit à Henri, en le prenant dans leurs bras : "Henri, la musique brésilienne ne serait pas ce qu'elle est sans toi". »