Le Cap-Vert, archipel de l'océan Atlantique, profite de sa participation à la Coupe du monde de football 2026 pour doper son secteur touristique, déjà en plein essor. En 2025, le pays a accueilli 1,2 million de touristes, soit une augmentation de 15 % par rapport à l'année précédente, selon les données du ministère du Tourisme. Les autorités espèrent que l'exposition médiatique mondiale générée par le Mondial permettra d'attirer 1,5 million de visiteurs en 2027.
Une stratégie de visibilité mondiale
Le gouvernement cap-verdien a lancé une campagne de promotion intitulée « Cap-Vert, l'île aux surprises » diffusée dans les pays participants à la Coupe du monde. Des spots publicitaires mettent en avant les plages paradisiaques, la culture locale et la stabilité politique de l'archipel. « Notre objectif est de transformer cette exposition en un atout durable pour notre économie », a déclaré le ministre du Tourisme, Carlos Santos.
Le Cap-Vert, qui compte environ 600 000 habitants, a vu son secteur touristique croître de manière significative depuis 2020, grâce à des investissements dans les infrastructures hôtelières et aériennes. L'aéroport international de Sal a été agrandi pour accueillir davantage de vols long-courriers, et de nouvelles liaisons directes ont été ouvertes avec l'Europe et l'Amérique du Nord.
Un impact économique mesurable
Le tourisme représente désormais 25 % du PIB du Cap-Vert, contre 18 % en 2019. En 2025, le secteur a généré 800 millions d'euros de recettes, selon la Banque centrale du Cap-Vert. Les autorités estiment que la Coupe du monde pourrait ajouter 100 millions d'euros supplémentaires en 2026 et 2027.
« La Coupe du monde est une vitrine exceptionnelle pour un petit pays comme le nôtre. Nous devons capitaliser sur cette opportunité pour diversifier notre offre touristique et attirer des visiteurs toute l'année », a expliqué Maria da Luz, directrice de l'Office du tourisme cap-verdien.
Des défis à relever
Malgré ces perspectives optimistes, le Cap-Vert doit faire face à plusieurs défis. La saisonnalité reste un problème majeur, avec une forte concentration de touristes entre novembre et avril. Les autorités cherchent à promouvoir le tourisme culturel et d'aventure pour étaler les flux. Par ailleurs, la protection de l'environnement est une préoccupation croissante, alors que l'archipel subit les effets du changement climatique, notamment l'érosion côtière et la raréfaction des ressources en eau.
Le gouvernement a mis en place un plan de développement durable du tourisme, visant à limiter l'impact environnemental tout en maximisant les retombées économiques. Des projets d'énergie solaire pour les hôtels et des programmes de reforestation sont en cours.
Une ambition régionale
Le Cap-Vert ambitionne de devenir une plaque tournante du tourisme en Afrique de l'Ouest. Le pays mise sur sa stabilité politique et sa sécurité pour attirer les investisseurs étrangers. En 2025, le groupe hôtelier portugais Pestana a annoncé l'ouverture de deux nouveaux complexes sur les îles de Boa Vista et de São Vicente.
« Nous voyons un potentiel énorme au Cap-Vert, non seulement pour le tourisme balnéaire, mais aussi pour le tourisme d'affaires et de congrès », a déclaré José Theotónio, PDG de Pestana. Le pays prévoit également de développer le tourisme nautique, avec la construction de nouvelles marinas et l'organisation de régates internationales.
La Coupe du monde 2026 représente donc une occasion unique pour le Cap-Vert de renforcer sa présence sur la carte touristique mondiale. Si la stratégie porte ses fruits, l'archipel pourrait bien voir son nombre de visiteurs doubler d'ici 2030, comme le prévoit le plan national de développement touristique.



