Cannibalisme animal : une pratique naturelle et répandue
Cannibalisme animal : une pratique naturelle

Le cannibalisme, bien que tabou chez les humains, est une pratique courante et naturelle dans le règne animal. Des insectes aux mammifères, de nombreuses espèces consomment leurs congénères pour diverses raisons : survie, compétition, régulation des populations ou nutrition.

Une stratégie de survie

Chez de nombreuses espèces, le cannibalisme est un moyen de survie en période de pénurie alimentaire. Les mâles de certaines araignées, par exemple, se sacrifient parfois pour nourrir leur partenaire après l'accouplement. Les femelles mangent également leurs petits dans certaines conditions de stress ou de manque de ressources.

Selon une étude de l'université de Californie, environ 1 500 espèces animales pratiquent le cannibalisme, dont 130 mammifères. Les ours polaires, les lions et même les chimpanzés ont été observés en train de tuer et manger des membres de leur propre espèce.

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Compétition et régulation

Le cannibalisme peut aussi servir à éliminer des concurrents. Chez les poissons, les plus gros individus n'hésitent pas à dévorer les plus petits pour réduire la compétition pour la nourriture. De même, chez les reptiles, les nouveau-nés sont souvent la proie des adultes.

« Le cannibalisme est une stratégie évolutive qui permet de réguler les populations et d'optimiser l'utilisation des ressources », explique le biologiste Jean-Michel Gaillard, chercheur au CNRS. « C'est un comportement qui peut sembler brutal, mais qui est souvent bénéfique pour l'espèce. »

Des cas chez les mammifères

Contrairement à une idée reçue, le cannibalisme n'est pas rare chez les mammifères. Les hamsters, les rats et les souris mangent parfois leurs petits. Les lions mâles tuent et dévorent les lionceaux des femelles pour provoquer un nouvel œstrus et assurer leur propre descendance.

Chez les primates, le cannibalisme a été observé chez les chimpanzés, les bonobos et même les humains préhistoriques. Une étude récente publiée dans Nature a montré que les Néandertaliens pratiquaient le cannibalisme de manière régulière.

Un tabou humain

Si le cannibalisme est naturel chez les animaux, il est universellement condamné chez les humains. Les raisons sont à la fois culturelles, religieuses et biologiques. « Le cannibalisme humain est associé à des risques sanitaires importants, comme la transmission de maladies à prions », rappelle le Dr. Sophie Lemoine, anthropologue à l'université de Bordeaux.

Malgré cela, des cas de cannibalisme de survie ont été documentés, comme lors du crash du vol 571 en 1972 dans les Andes, où les survivants ont dû manger les corps de leurs compagnons pour survivre.

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