Burkina Faso: près de 700 ONG suspendues ou dissoutes par la junte
Burkina: 700 ONG suspendues ou dissoutes par la junte

Au Burkina Faso, la junte militaire au pouvoir a annoncé la suspension ou la dissolution de près de 700 associations et organisations non gouvernementales (ONG). Cette décision, rendue publique le 8 mai 2026, s'inscrit dans le cadre d'une vaste opération de contrôle du secteur associatif, accusé par les autorités de complicité avec des groupes terroristes ou de menaces à l'ordre public.

Une mesure sans précédent

Selon un communiqué officiel, 689 associations et ONG ont été concernées. Parmi elles, 492 ont été suspendues pour une durée de trois mois, tandis que 197 ont été purement et simplement dissoutes. Les autorités justifient cette action par la nécessité de "lutter contre le financement du terrorisme" et de "préserver la sécurité nationale".

Des accusations graves

Le gouvernement accuse certaines organisations de servir de couverture à des activités illicites, notamment le blanchiment d'argent et le soutien logistique aux groupes jihadistes qui sévissent dans le pays depuis plusieurs années. D'autres sont critiquées pour leur opposition à la politique de la junte, notamment dans les domaines des droits humains et de la démocratie.

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Réactions internationales

Cette décision a suscité de vives réactions de la part de la communauté internationale. L'ONU et plusieurs ONG internationales ont exprimé leur inquiétude, craignant une réduction de l'espace civique et un affaiblissement de l'aide humanitaire dans un pays déjà confronté à une grave crise sécuritaire et humanitaire. Des voix s'élèvent pour dénoncer une mesure qui pourrait aggraver la situation des populations vulnérables.

Conséquences pour la population

Les associations et ONG suspendues ou dissoutes jouaient un rôle crucial dans l'aide aux déplacés internes, l'accès à l'éducation et aux soins de santé, ainsi que dans la promotion des droits des femmes. Leur disparition risque de laisser des milliers de personnes sans soutien essentiel. Les autorités burkinabè affirment que des mécanismes de contrôle seront mis en place pour permettre aux organisations jugées conformes de reprendre leurs activités.

Un contexte de tensions

Depuis le coup d'État de 2022, la junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré a multiplié les mesures restrictives à l'encontre de la société civile. Plusieurs journalistes et militants ont été arrêtés, et des médias ont été suspendus. Cette nouvelle vague de répression intervient alors que le pays fait face à une intensification des attaques jihadistes et à une crise humanitaire sans précédent.

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