Attaque mortelle à la voiture-bélier en Allemagne : antécédents psychiatriques, mobile politique… Ce que l’on sait de l’automobiliste arrêté
Le suspect principal de l’attaque à la voiture-bélier ayant fait deux morts à Leipzig, le 4 mai 2026, a été interné en psychiatrie ce mardi. Motivations, antécédents… Retour sur le profil de cet Allemand de 33 ans, libéré d’une clinique fin avril.
Au lendemain des faits, le profil de l’Allemand de 33 ans qui a fauché des passants à Leipzig se précise. Plusieurs médias allemands dépeignent ainsi un homme instable, qui souffrirait de lourds problèmes psychiatriques. Le ministère de la Santé de Saxe, la région où les faits ont eu lieu, avait fait savoir que l’individu, qui n’a pas été nommé, avait déjà été « hospitalisé de son plein gré » en psychiatrie, puis « libéré fin avril ». Ces faits faisaient eux-mêmes suite à des « menaces » et des « infractions portant atteinte à l’honneur dans son entourage social ».
Le ministère de la Santé a ajouté que « pendant la durée de son séjour à la clinique, il ne représentait aucun danger pour lui-même ni pour autrui. Il n’y avait donc aucune raison médicale d’empêcher ce patient, qui séjournait volontairement à la clinique, de quitter l’établissement ».
Un acte délibéré
Dans la nuit de lundi à mardi, les enquêteurs ont précisé que « d’après les informations recueillies à ce jour, un mobile politique ou religieux n’est pas envisagé ». Ils estiment qu’il s’agissait d’un acte délibéré, une « Amokfahrt », terme difficilement traduisible qui évoque une course motivée par une folie meurtrière.
Mardi en fin d’après-midi, la justice allemande a finalement ordonné l’internement en hôpital psychiatrique du suspect. « Le juge d’instruction estime qu’il existe des motifs sérieux de penser que le prévenu a commis les faits du 4 mai 2026 dans un état de responsabilité pénale au moins considérablement atténuée », a indiqué le parquet dans un communiqué, alors qu’une enquête pour meurtres et tentatives de meurtres est en cours.
De « nombreux » blessés
Lundi 4 mai, vers 16 h 45 locales, l’auteur présumé des faits a lancé son véhicule à toute allure dans une rue piétonne du centre-ville de Leipzig, bordée de commerces, et longue d’environ 500 m. D’après les forces de l’ordre, les deux morts sont un homme de 77 ans et une femme de 63 ans. Les autorités n’ont pas donné de bilan chiffré des blessés, précisant seulement qu’ils étaient « nombreux ».
Hosam Algaer, un habitant originaire de Libye, a raconté lundi soir à l’AFP avoir échappé de peu au pire. « J’ai sauté sur le côté, et il n’y avait qu’un demi-mètre entre lui et moi », affirme le jeune homme de 31 ans qui assure avoir vu une femme traînée « sur la voiture » sur toute la longueur de la rue.
Depuis l’attentat perpétré à Berlin en décembre 2016 par un Tunisien aux motivations jihadistes, qui avait foncé au volant d’un camion sur la foule en tuant 13 personnes, des attaques-béliers ont régulièrement traumatisé l’Allemagne. Certaines ont été commises pour des motifs politiques ou religieux, d’autres par des déséquilibrés.



