Ce mardi, un des deux avions légers de surveillance et de reconnaissance (ALSR) de la base aérienne 709 de Cognac, en Charente, sera le leader d'une patrouille de trois avions lors du défilé aérien du 14-Juillet. Il sera accompagné de deux Atlantique 2 de la Marine nationale, dans le tableau « renseignement et surveillance ». L'appareil, moins imposant que les Rafale, Mirage ou A400M, se distingue par sa discrétion, essentielle à ses missions.
Un appareil dédié au renseignement
L'ALSR, surnommé Vador (pour vecteur aéroporté de désignation, d'observation et de reconnaissance), est conçu pour des missions de renseignement au profit des armées. « Il est équipé de différents capteurs - image et électromagnétique - exploités par un équipage de cinq personnes : deux pilotes et trois opérateurs », explique le lieutenant-colonel Jo. L'appareil peut collecter des informations et les partager en temps réel avec d'autres aéronefs ou un centre d'opérations.
Les missions incluent du renseignement d'observation en préparation d'opérations, du renseignement en appui aux opérations, et du renseignement post-opération. Bien que le Vador puisse travailler en synergie avec le drone Reaper, leurs rôles diffèrent : « L'ALSR est déployable partout, au coup de sifflet bref, alors que le Reaper, avec une endurance et une autonomie plus importantes, est plus lourd à mettre en œuvre », précise l'officier.
Des faiblesses et une évolution des missions
Une faiblesse de l'ALSR est son absence d'autoprotection. Cela posait peu de problèmes lors d'opérations de contre-insurrection et de contre-terrorisme, où la supériorité aérienne était acquise, mais devient un enjeu dans des espaces aériens contestés, notamment sur le flanc est de l'Europe. Début 2025, des vols autour de l'exclave russe de Kaliningrad ont illustré cette nouvelle orientation.
L'ALSR est un bimoteur dérivé du Beechcraft 350, un avion civil américain, transformé par Sabena Technics. Il n'est pas le seul appareil de renseignement de l'armée de l'Air : les quatre Awacs, qui seront remplacés par des GlobalEye de Saab à partir de 2030, assurent des missions plus vastes, incluant la protection de l'espace aérien et le commandement. D'autres avions comme le Rafale ou le Mirage 2000D peuvent être équipés de pods pour des missions ISR (renseignement, surveillance, reconnaissance).
Un format réduit mais des besoins croissants
La loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 prévoyait huit ALSR, mais le format a été réduit à trois appareils. Malgré des besoins en renseignement en hausse, l'armée de l'Air estime que la location d'avions auprès de prestataires privés est « pas une mauvaise solution ». Le troisième ALSR doit être livré prochainement et pourrait être basé à Djibouti, sur la base aérienne 188, plutôt qu'à Cognac.



