Dans une tribune publiée par Libération, un collectif d'intellectuels et de militants africains appelle les gouvernements du continent à refuser toute collaboration avec l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police anti-migrants de l'administration Trump. Selon les auteurs, les pratiques de l'ICE – notamment les rafles, les détentions arbitraires et les expulsions massives – violent les droits humains fondamentaux. En acceptant des accords de réadmission ou en facilitant les vols de déportation, les États africains deviendraient complices de ces abus.
Une politique migratoire agressive
Depuis 2017, l'administration Trump a renforcé la répression contre l'immigration clandestine, avec des opérations ciblant les sans-papiers, y compris des ressortissants africains. L'ICE a multiplié les arrestations et les expulsions, souvent sans procédure régulière. Les signataires de la tribune rappellent que plusieurs pays africains ont déjà signé des accords de coopération migratoire avec les États-Unis, exposant leurs citoyens à des traitements dégradants.
Un appel à la résistance
Le texte exhorte les dirigeants africains à dénoncer publiquement les méthodes de l'ICE et à cesser toute coopération. Il propose également de soutenir les migrants africains victimes de ces politiques, notamment en leur offrant une assistance juridique et diplomatique. Les auteurs soulignent que la complicité avec Trump ne fait que renforcer un système raciste et xénophobe.
Des conséquences humanitaires graves
Les expulsions massives, souvent vers des pays en proie à des conflits ou à l'instabilité, exposent les migrants à des dangers supplémentaires. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), des milliers d'Africains ont été renvoyés vers des situations de précarité extrême. La tribune insiste sur le devoir des États africains de protéger leurs ressortissants, même à l'étranger.
Une position morale et politique
Refuser de collaborer avec l'ICE, c'est aussi affirmer une souveraineté face aux pressions américaines. Les auteurs appellent à une solidarité panafricaine et à la construction d'une politique migratoire fondée sur les droits humains. Ils rappellent que l'histoire de l'Afrique est marquée par les migrations et que la criminalisation des migrants est contraire aux valeurs d'hospitalité du continent.



