Afrique du Sud : 15 000 Malawites fuient avant des manifestations anti-immigrés
15 000 Malawites fuient l'Afrique du Sud avant des violences

Environ 15 000 ressortissants malawites ont quitté l'Afrique du Sud à la veille de manifestations anti-immigrés prévues ce week-end, a annoncé le gouvernement malawite vendredi 27 juin. Ces départs massifs interviennent alors que des groupes xénophobes appellent à des rassemblements contre la présence d'étrangers dans plusieurs villes sud-africaines.

Un exode préventif face aux menaces

Selon le ministre malawite des Affaires étrangères, Nancy Tembo, environ 15 000 citoyens ont regagné le Malawi par voie terrestre et aérienne depuis le début de la semaine. "Nous avons organisé des bus et des vols charter pour faciliter le retour de nos compatriotes qui se sentaient en insécurité", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Lilongwe.

Les autorités malawites estiment que près de 100 000 de leurs ressortissants vivent en Afrique du Sud, principalement dans les provinces du Gauteng et du Cap-Occidental. Beaucoup travaillent dans le secteur informel ou comme employés domestiques.

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Un contexte de tensions xénophobes récurrentes

Les manifestations anti-immigrés sont organisées par le groupement "Operation Dudula", qui accuse les étrangers d'être responsables du chômage et de la criminalité. En 2023, des violences xénophobes avaient déjà fait plusieurs morts et des centaines de déplacés. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé au calme et condamné "tout acte de violence contre des ressortissants étrangers".

Le gouvernement malawite a mis en place une cellule de crise à son ambassade à Pretoria et conseille à ses citoyens de rester chez eux jusqu'à nouvel ordre. Les autorités sud-africaines ont déployé des forces de police supplémentaires dans les zones à risque.

Conséquences économiques et diplomatiques

Cet exode massif risque d'aggraver les tensions diplomatiques entre les deux pays. Le Malawi a déjà exprimé sa préoccupation face à la montée de la xénophobie en Afrique du Sud. "Nous espérons que le gouvernement sud-africain prendra des mesures fermes pour protéger les vies et les biens de nos concitoyens", a ajouté Nancy Tembo.

Sur le plan économique, le départ de ces travailleurs pourrait affecter certains secteurs comme l'agriculture et le commerce de détail, où la main-d'œuvre étrangère est nombreuse. Le Malawi, quant à lui, doit faire face à un afflux soudain de rapatriés, ce qui met sous pression ses infrastructures d'accueil.

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