Tunisie : peine de prison confirmée contre le journaliste Zied El-Heni
Tunisie : prison confirmée pour le journaliste Zied El-Heni

Condamnation confirmée en appel

La cour d'appel de Tunis a confirmé, samedi 27 juin 2026, la peine de six mois de prison ferme infligée au journaliste Zied El-Heni. Ce dernier avait été condamné en première instance pour avoir diffusé des informations relatives à une enquête pour corruption impliquant des personnalités politiques. Le verdict a été rendu après un procès expéditif, selon les avocats du journaliste.

Les faits reprochés

Zied El-Heni, correspondant de la chaîne Al Jazeera en Tunisie, avait publié en 2025 des documents confidentiels issus d'une instruction judiciaire. Ces documents concernaient des soupçons de corruption au sein du ministère de l'Intérieur. Le tribunal l'a reconnu coupable de "violation du secret de l'instruction" et de "diffusion de fausses nouvelles", malgré les dénégations du journaliste.

Selon l'accusation, les informations divulguées auraient entravé le bon déroulement de l'enquête. Les avocats de la défense ont dénoncé une "instrumentalisation de la justice" et un "acharnement contre la liberté de la presse". Ils ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation.

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Réactions et implications

Reporters sans frontières (RSF) a condamné cette décision, la qualifiant de "nouveau coup porté à la liberté d'expression en Tunisie". L'organisation a rappelé que Zied El-Heni est le troisième journaliste emprisonné dans le pays en 2026. "La Tunisie, autrefois modèle de transition démocratique dans le monde arabe, glisse vers un climat de répression médiatique", a déclaré un porte-parole de RSF.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a appelé à une mobilisation pour exiger la libération de Zied El-Heni. "Ce verdict est une attaque directe contre le droit du public à l'information", a indiqué le SNJT dans un communiqué.

Contexte plus large

Cette affaire s'inscrit dans un contexte de recul de la liberté de la presse en Tunisie. Selon le classement 2026 de RSF, le pays a chuté de 10 places, se classant au 98e rang mondial. Plusieurs journalistes et blogueurs ont été poursuivis ces derniers mois pour des publications critiques envers le gouvernement.

Les autorités tunisiennes justifient ces mesures par la nécessité de préserver la sécurité nationale et l'ordre public. Cependant, les organisations de défense des droits humains dénoncent une "dérive autoritaire" et une "répression systématique des voix dissidentes".

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