Au moins 144 personnes sont mortes ou portées disparues la semaine dernière dans trois naufrages distincts au large des côtes mauritaniennes, a annoncé mardi 21 juillet l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ces drames illustrent la dangerosité croissante de la route migratoire de l'Atlantique, empruntée par des milliers de candidats à l'exil africains tentant de rejoindre les îles Canaries, porte d'entrée vers l'Union européenne.
Trois naufrages en une semaine
Selon l'OIM, le premier naufrage s'est produit lundi 13 juillet au large de Nouadhibou, la deuxième ville de Mauritanie et principal port de pêche du pays. Une embarcation transportant environ 80 personnes a chaviré, faisant 40 morts et 20 disparus. Les 20 survivants ont été secourus par des pêcheurs locaux et les autorités mauritaniennes.
Le deuxième naufrage a eu lieu mercredi 15 juillet près de la même zone. Un bateau avec 60 migrants à bord a coulé, entraînant la mort de 30 personnes et la disparition de 15 autres. Quinze survivants ont été repêchés.
Enfin, vendredi 17 juillet, un troisième naufrage a été signalé au large de la capitale mauritanienne, Nouakchott. Un canot transportant environ 70 personnes s'est retourné, faisant 25 morts et 34 disparus. Seules 11 personnes ont survécu.
Bilan humain lourd
Au total, ces trois naufrages ont causé la mort de 95 personnes et la disparition de 49 autres, soit au moins 144 victimes. Les survivants, originaires pour la plupart du Sénégal, de Gambie et de Guinée-Bissau, ont été pris en charge par les autorités mauritaniennes et des organisations humanitaires.
« Ces naufrages sont une tragédie qui nous rappelle l'urgence d'agir pour sauver des vies en mer et offrir des voies légales et sûres de migration », a déclaré dans un communiqué Anne Schaefer, cheffe de mission de l'OIM en Mauritanie.
Route migratoire meurtrière
La route de l'Atlantique vers les Canaries est l'une des plus meurtrières au monde. Selon l'OIM, plus de 1 200 migrants sont morts ou ont disparu en 2025 en tentant de rejoindre l'archipel espagnol, soit une augmentation de 30 % par rapport à l'année précédente. En 2026, la tendance se poursuit avec déjà plus de 800 décès recensés.
Les départs depuis les côtes mauritaniennes se multiplient, les migrants tentant d'éviter les routes méditerranéennes plus surveillées. Mais les embarcations de fortune, souvent surchargées et sans équipement de sécurité, sont particulièrement vulnérables aux tempêtes et aux courants violents de l'Atlantique.
Appels à une action européenne
Face à cette hécatombe, les organisations humanitaires appellent l'Union européenne à renforcer les opérations de recherche et de sauvetage en Atlantique, à l'instar de ce qui est fait en Méditerranée. « L'Europe ne peut pas fermer les yeux sur ces drames », a insisté Anne Schaefer. « Chaque vie perdue en mer est une accusation contre notre incapacité collective à offrir des alternatives à ces voyages désespérés. »
La Mauritanie, pays de transit et de destination pour de nombreux migrants, peine à faire face à l'afflux. Les autorités mauritaniennes ont renforcé les patrouilles côtières, mais les moyens restent limités face à l'ampleur du phénomène.



