L'artisan montpelliérain Pascal Roman a proposé d'installer des voilages (toldos) pour ombrager la place des Martyrs-de-la-Résistance, devant la préfecture de Montpellier. Cette idée, inspirée de pratiques anciennes, a suscité un vif intérêt et pourrait réduire la chaleur estivale tout en offrant de nouvelles possibilités d'usage. Selon les Archives de Montpellier, des voiles d'ombrage étaient déjà tendus dans les rues de la ville il y a 200 ans.
Un projet qui suscite l'engouement
Après la publication d'un article le 6 août détaillant les avantages de cette installation, de nombreux habitants ont réagi, imaginant des applications dans leur quartier ou leur rue. L'artisan a décidé d'approfondir le sujet : « Je vais essayer de récupérer des données à Séville, comme je m'apprête à partir en Espagne. Ça pourrait être intéressant de connaître la baisse effective constatée par ceux qui ont mis en place ce système », a-t-il expliqué, grisé par l'enthousiasme suscité.
Des fonctions supplémentaires envisagées
En discutant avec des amis, Pascal Roman a développé le concept pour le rendre encore plus attractif. Il a imaginé une utilité ludique pour les soirées : « Ça pourrait servir d'écran pour projeter une ambiance, des images, comme pour les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence », a-t-il déclaré. Cette polyvalence pourrait séduire de nombreux lieux, des terrasses de cafés aux places publiques.
« En tout cas, ça a le mérite de faire parler », lance-t-on aux abords de cette place, qui est une véritable fournaise lors des fortes chaleurs. Un habitant venu dans l'Écusson pour ses achats confie : « Et puis, ça pourrait se décliner un peu partout. Moi, j'ai une terrasse, ça m'a donné une idée ».
Une pratique ancestrale à Montpellier
Du côté des Archives de Montpellier, on précise que ce dispositif n'est pas nouveau. « Des gravures anciennes du centre-ville montrent que des voiles d'ombrage étaient tendus dans les rues de Montpellier l'été jusqu'il y a 200 ans. Et des descriptions de Montpellier à la fin du XVIe siècle par Thomas Platter confirment la présence de ces voilages », indique-t-on. Notamment au niveau de l'actuelle place Jean-Jaurès, qui accueillait la Halle aux Colonnes à l'époque, comme le montre une gravure.
« Après, on a voulu aérer l'urbanisme, élargir la voirie, laisser entrer le soleil en ville… et cette pratique ancestrale s'est perdue », ajoute-t-on. Mais peut-être que d'ici quelques mois, elle pourrait signer son grand retour. Les données de Séville, où ce système est déjà en place, pourraient convaincre les décideurs et le public de l'efficacité de cette solution face aux canicules de plus en plus fréquentes.



