Après le réensablement massif mené à Soulac-sur-Mer, la Communauté de communes Médoc Atlantique poursuit ses efforts sur d'autres secteurs exposés du littoral. À Lacanau comme à Montalivet, les réponses envisagées mêlent protection, gestion du sable et lourdes contraintes techniques et financières.
Le chantier de Soulac, une étape spectaculaire
À Soulac-sur-Mer, l'opération de réensablement a concentré l'attention ces dernières semaines. Avec 200 000 mètres cubes de sable acheminés depuis l'estuaire de la Gironde, grâce à des dragues danoises et des canalisations d'acier, ce chantier a marqué une étape importante dans la lutte contre l'érosion. Cependant, à l'échelle de la Communauté de communes Médoc Atlantique, compétente en la matière, Soulac n'est qu'un des fronts d'un dossier beaucoup plus large.
Des situations contrastées sur le littoral médocain
Du nord au sud du littoral médocain, les situations diffèrent fortement. À Soulac, la collectivité a pu miser sur un rechargement massif grâce à la présence d'un gisement de sable mobilisable au large de l'estuaire. « À partir du moment où on a le gisement de sable et la capacité d'avoir un système pour l'acheminer, on a le commencement d'une solution », estime Frédéric Boudeau, directeur général des services de Médoc Atlantique. Mais cette méthode n'est pas transposable partout. « À Lacanau, elle ne marche pas parce qu'on n'a pas ce même gisement de sable », résume-t-il.
Lacanau : une protection plus lourde à l'étude
Dans la station balnéaire canaulaise, le sujet reste celui d'une protection plus lourde, en lien avec le projet de réaménagement du front de mer. Le dossier est technique, financier et urbain. Médoc Atlantique cherche un ouvrage capable de protéger durablement Lacanau, tout en permettant le deuxième volet du réaménagement du front de mer, qui prévoit la suppression des parkings, et, à très long terme, la réflexion sur une éventuelle relocalisation des biens et activités les plus exposés.
La collectivité travaille dans le cadre d'un marché de conception-réalisation. Les entreprises doivent à la fois proposer la conception et la construction de l'ouvrage. « On discute avec les candidats retenus pour essayer de trouver une solution de protection durable », explique Frédéric Boudeau. Le chiffrage reste un préalable important avant de boucler le financement. Chaque hiver, la dune et l'épi sud sont séparés par le phénomène d'érosion qui contourne la protection.
Montalivet : rallongement de l'épi sud programmé
Plus au nord, un autre dossier avance à Montalivet. La collectivité dispose d'une autorisation pour rallonger l'épi sud. L'idée est de favoriser l'accumulation naturelle du sable devant la zone urbanisée, sur le modèle de ce que permettent déjà certains ouvrages à Soulac, comme l'épi Barriquand. « On va rallonger l'épi sud pour essayer de faire un peu le même système et créer un stock de sable devant la zone urbanisée », indique Frédéric Boudeau. L'opération pourrait être programmée sur l'exercice 2027.
Le retour d'expérience de Soulac sera scruté de près. Si le stock de sable tient trois à cinq ans, comme l'espère la collectivité, l'opération pourrait conforter l'idée d'une solution mixte. Cela passerait par du sable régulièrement réinjecté, éventuellement associé à des ouvrages bas pour limiter l'attaque des vagues au pied de dune.
Prudence face aux dynamiques littorales
Médoc Atlantique reste prudent. Les dynamiques littorales, la fréquence des tempêtes et les effets du changement climatique imposent d'avancer par étapes. À Lacanau comme à Montalivet, les prochaines décisions dépendront autant de la technique que des financements et des autorisations.



