Un moratoire historique pour lutter contre la sécheresse
En 2022, le Pays de Fayence, dans le Var, a connu une crise de l'eau sans précédent. Dès le printemps, des restrictions drastiques ont été imposées, allant jusqu'à 100 litres par jour et par personne. Face à cette situation, les neuf communes de l'intercommunalité ont pris une décision radicale : geler les permis de construire pour cinq ans. Une mesure inédite en France, qui vise à contenir les besoins en eau et à trouver des solutions pérennes.
Une décision unanime et courageuse
François Cavallier, maire de Callian et président de l'intercommunalité, qualifie cette décision de « saut dans le vide ». Pourtant, les élus ont été soutenus par l'État et la justice, qui a validé les refus de permis de construire. « Nous n'avions pas qualité à prendre cette décision, mais l'État a suivi », explique-t-il. Ce moratoire a depuis inspiré d'autres territoires, comme le Vaucluse, les Pyrénées-Orientales et l'Ain.
Des conséquences sur le logement et l'immobilier
Le gel des permis de construire a entraîné une hausse des prix de l'immobilier et une raréfaction des biens. Les professionnels du bâtiment sont également en difficulté. « La sobriété foncière a des avantages, mais on ne pourra pas la tenir indéfiniment », reconnaît François Cavallier. En attendant, une conduite d'eau depuis le lac de Saint-Cassien est prévue pour fin 2027.
Vers une gestion plus sobre de l'eau
Au-delà des infrastructures, l'association des usagers de l'eau prône une gestion plus sobre : amélioration des réseaux, tarification incitative. « Lorsque les tarifs augmentent avec la consommation, celle-ci baisse de 30 % », observe François Cavallier. Une prise de conscience collective est nécessaire pour éviter de nouvelles crises.



