La place des Grands-Hommes, réaménagée autour de la nouvelle galerie marchande, avait inauguré ce système de bornes amovibles dans les rues du centre-ville de Bordeaux. Attention, document ! Si elles se comptent aujourd'hui par centaines dans toute la ville, les six premières bornes amovibles furent installées sur la voie publique en novembre 1990. C'est à l'occasion de la construction de la nouvelle galerie marchande des Grands-Hommes, en lieu et place de l'ancienne halle en béton, qu'une réflexion autour de la place de la voiture a été lancée.
Un projet porté par un écologiste de la première heure
À la manœuvre, l'écologiste Michel Duchêne qui, avant de collaborer pendant un quart de siècle avec Alain Juppé, n'était autre que l'adjoint du maire Jacques Chaban-Delmas en charge de l'environnement. « Il aurait été dommage de construire une galerie marchande sans penser à l'ensemble des aménagements urbains et des voiries extérieures », affirmait-il à Sud Ouest dans un article publié le 21 novembre 1990. Une proposition « faite jadis par les Verts » au niveau de la Communauté urbaine de Bordeaux (ex-Bordeaux Métropole), relevait l'auteur de l'article, « pour préserver dans ce secteur l'équilibre entre le piéton et la voiture ».
Réduire l'hégémonie automobile
« Il fallait donc accéder à ce lieu en lui conservant un visage humain tout en réduisant l'hégémonie de la voiture », plaidait alors Michel Duchêne. « L'abandon du stationnement en épi […] est autant de gain de place et d'oxygène pour les piétons. » L'affaire ne suscita alors aucune contestation : l'aménagement du parking souterrain, couplé à la nouvelle halle, aura sans doute facilité les choses. Les bornes fonctionnaient alors sur présentation d'une carte à puce distribuée aux commerçants et riverains.
Des commerçants favorables
La problématique des voitures ventouses semblait l'emporter sur la crainte d'un trafic moindre : « On verra à l'usage. Mais il serait souhaitable de mettre fin à cette foire aux voitures », prévenait Josette Gargou, patronne d'un magasin de tissus. « Si ces bornes peuvent empêcher le stationnement sauvage, c'est bien », abondait une autre commerçante. « Face à la voiture, il fallait trouver un système puissant. Je crois que la carte à puce est à la hauteur », assurait Michel Duchêne. Il ne croyait pas si bien dire.



