Topless : une pratique en déclin mais pas disparue
Topless : une pratique en déclin mais pas disparue

Selon une étude Ifop, seules 19 % des Françaises déclarent encore pratiquer le topless, un chiffre historiquement bas, notamment chez les femmes de moins de 35 ans. Pourtant, certaines jeunes femmes continuent à retirer leur haut sur les plages de l'Hérault, entre liberté individuelle et transmission familiale. Témoignages de Carla, Sacha et Noémie, qui assument ce choix malgré un retour à la pudeur observé par les sociologues.

Une pratique en net recul chez les jeunes femmes

Le topless, autrefois une normalité sur les plages françaises, est aujourd'hui de moins en moins pratiqué. Selon une étude de l'Ifop, les chiffres n'ont jamais été aussi bas : seules 19 % des Françaises affirment encore le faire. Cette tendance est particulièrement marquée chez les femmes de moins de 35 ans, qui sont de plus en plus nombreuses à garder leur haut de maillot de bain.

Pourtant, certaines jeunes femmes perpétuent cette pratique. Carla, 25 ans, Montpelliéraine, se souvient de sa première fois : "C'était il y a six ans, au lac du Crès". Cette après-midi-là, il n'y avait personne, alors elle a osé se mettre seins nus. "C'était pour moi une petite transgression. En tant que femme, j'ai toujours cru qu'il fallait absolument porter un haut", affirme-t-elle avant d'ajouter : "Ce jour-là, j'ai ressenti un sentiment de liberté". Aujourd'hui, que ce soit à la plage ou à la rivière, elle ne porte que rarement un haut de maillot de bain.

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Se libérer du haut : des motivations variées

Pour Carla, le passage au topless s'est fait progressivement. "J'ai longtemps eu peur du regard des autres", confie-t-elle. Ce cap, elle l'a surtout franchi entourée d'amies qui pratiquent le topless avec elle. C'est aussi le cas de Sacha, 22 ans, originaire de Grenoble. Arrivée à Montpellier pour des études en Art, elle décide de s'y mettre, entourée de ses meilleures amies. "Ça n'est pas pour des raisons politiques, mais vraiment parce que c'est confortable", soutient la jeune femme, avant d'ajouter : "Je ne veux pas forcément montrer mes seins, ni les cacher, je déteste juste les soutiens-gorge !".

Mais cette pratique n'est pas universelle. Sacha reconnaît qu'elle ne le fait pas dans certaines circonstances : "Avec ma famille par exemple, c'est impossible, ça me mettrait très mal à l'aise", avoue l'étudiante en Art. À l'inverse, pour Noémie, 24 ans, le topless n'a jamais été une transgression. "Dans ma famille, les seins n'ont jamais été sexualisés", lance la jeune femme. Pour cette scénographe, la pratique s'est transmise de génération en génération. Après avoir vu sa grand-mère puis sa mère le faire, elle tombe à son tour le haut à chaque baignade.

Un retour à la pudeur ?

Noémie observe elle aussi une baisse du topless sur les plages. "Je vois plutôt des mères, mais très peu de femmes de mon âge. Je pense qu'il y a un retour à la pudeur qui nous vient des réseaux sociaux. Mais c'est peut-être aussi lié aux complexes ?", se questionne-t-elle. Comment expliquer que cette pratique, longtemps associée à une forme de liberté du corps féminin, soit aujourd'hui moins pratiquée par les jeunes femmes ?

Pour Vincenzo Susca, professeur à l'Université de Montpellier Paul-Valéry, "la nudité est devenue galvaudée", analyse-t-il. Co-auteur du livre "Pornoculture" avec Claudia Attimoneli, le sociologue affirme que la généralisation du nu, ces dernières décennies, est en train d'atteindre un point de saturation. En conséquence : un retour à la pudeur se met en place. Paradoxalement, d'après le sociologue, "se couvrir devient un geste plus sexualisant". Comme un relais, si le topless disparaît, la mode du string sur la plage l'a remplacé : on recouvre les seins, mais de moins en moins les fesses, "c'est une nouvelle dynamique culturelle", confirme Vincenzo Susca.

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Seins nus : attention aux UV !

Le topless n'est pas dangereux en soi. Le risque vient surtout de l'exposition au soleil des zones habituellement couvertes par le maillot de bain. Les rayons ultraviolets (UV) sont le principal facteur de risque des cancers de la peau. Une exposition excessive peut provoquer des lésions irréversibles de l'ADN et favoriser, à terme, l'apparition de mélanomes ou de carcinomes. Les coups de soleil sont particulièrement à éviter : les expositions intenses et intermittentes, notamment celles qui provoquent des brûlures, augmentent le risque de mélanome. Et contrairement à une idée reçue, bronzer ne protège pas la peau : le bronzage est déjà une réaction de défense face aux UV.

Alors, faut-il renoncer au topless ? Pas nécessairement, mais mieux vaut éviter de s'exposer aux heures où les UV sont les plus intenses, rechercher l'ombre et protéger les zones découvertes. L'Institut national du cancer recommande notamment de limiter l'exposition entre 12 heures et 16 heures en métropole et d'utiliser une protection solaire en complément des vêtements et de l'ombre.

Derrière cette évolution des pratiques, l'expérience individuelle reste contrastée. Sur la plage, Carla ne se demande plus si elle doit garder son haut. Elle l'enlève quand elle en a l'envie : sans y voir ni provocation ni revendication. Six ans après avoir vécu son premier topless comme "une petite transgression", le geste est, pour elle, devenu banal.