Depuis l'annonce de la mort de Dolly Parton, mardi, à l'âge de 80 ans, les hommages se multiplient. Parmi eux, celui de Jane Fonda, qui a partagé avec la star de la country l'affiche du film Comment se débarrasser de son patron en 1980. Dans un message posté sur Instagram ce mercredi, l'actrice a écrit : « À ses fans homos et trans, je veux que vous sachiez qu'elle vous aimait. »
Une carrière marquée par le soutien aux minorités sexuelles
Si l'émotion suscitée par la disparition de Dolly Parton transcende les orientations sexuelles et les identités de genre, le lien unissant l'artiste aux personnes LGBT+ n'a rien de surprenant. Bien qu'évoluant sur la scène country, globalement conservatrice, l'autrice et interprète de Jolene a été une alliée des minorités sexuelles tout au long de sa carrière.
En 1991, dans les paroles de sa chanson Family, elle faisait apparaître le mot « gay » dans un sens positif. « Elle a pris un gros risque pour sa carrière qui a renforcé son lien passionné avec la communauté queer », écrit le site Out.
Des prises de position publiques contre l'homophobie
Dolly Parton a régulièrement pris la parole pour dénoncer l'homophobie ou soutenir le mariage égalitaire. En 2016, cette fervente croyante déclarait dans l'émission « Larry King Now » : « Si vous êtes le bon chrétien que vous pensez être, pourquoi jugez-vous les autres ? » « Nous ne sommes pas Dieu, nous ne sommes pas juges. Nous sommes censés nous aimer les uns les autres, nous sommes censés ne pas juger », avait-elle ajouté, appelant ses coreligionnaires à être « plus aimants » envers les personnes LGBT+.
Autre exemple : en 2023, Dolly Parton témoignait auprès du Hollywood Reporter de son soutien envers les personnes trans qui ne peuvent pas s'empêcher d'être trans « davantage que je ne peux m'empêcher d'être Dolly Parton », disait-elle. Et de plaider : « Je veux juste que tout le monde soit bien traité. »
Une inspiration pour la scène drag, en France et aux États-Unis
« Pour beaucoup d'entre nous qui ont des familles avec lesquelles on n'a pas forcément les meilleures relations, parce qu'elles sont du Sud [conservatrices] ou religieuses, le fait que quelqu'un puisse venir de ces mêmes milieux et faire preuve d'ouverture d'esprit nous fait aspirer à quelque chose [d'autre] », confie Cameron Austin, un vingtenaire gay originaire du Tennessee, que l'AFP a rencontré dans un bar de Washington.
« On perd une alliée en or, déplore auprès de 20 Minutes Karl Sanchez, alias Nicky Doll, figure du drag français qui partage son temps entre les deux côtés de l'Atlantique. Ce que j'aime avec elle, c'est que ce n'était pas que des mots. Elle s'est toujours battue pour valoriser l'intelligence d'une blonde peroxydée. Elle aurait pu être milliardaire, se contenter de garder ses royalties, or, elle a reversé beaucoup de cet argent pour aider les personnes dans le besoin, notamment les personnes racisées de sa ville de Nashville. Elle est inspirante, c'était une super personne, qui va beaucoup me manquer. »
« Elle a toujours défendu les droits des personnes queers. Dolly Parton est une femme extraordinaire pour qui j'ai une admiration sans borne », a déclaré à 20 Minutes la drag queen française La Briochée. Elle poursuit : « En plus d'être une incroyable chanteuse, elle a envoyé bouler le conservatisme américain à une époque où celui-ci aurait voulu voir, surtout dans la country, une femme un peu plus sage, avec une poitrine moins voluptueuse qu'elle ne s'est jamais cachée d'avoir augmenté. Tout ce qu'elle a fait, elle l'a voulu et assumé jusqu'au bout des ongles. Dolly Parton est un mantra du drag à elle toute seule. »
L'idole de la country avait un lien spécifique avec la scène drag, aux États-Unis et en dehors, à en juger par le nombre d'artistes qui lui rendent hommage et la citent comme inspiration. En 2022, elle avait ainsi participé à la bataille pour renverser un projet de loi destiné à criminaliser les spectacles de drag queens au Texas.
Une anecdote savoureuse et une déclaration de 1987
Il y a quatorze ans, Dolly Parton a raconté avoir participé incognito à un concours de sosies drags… d'elle-même. Elle a perdu. « Je me suis mise dans la file, j'ai traversé la scène, et ils m'ont juste prise pour un petit gay. C'est moi qui ai eu le moins d'applaudissements. Au fond de moi, j'étais morte de rire. »
En 1987, dans son émission Dolly sur ABC, une spectatrice lui a demandé si elle aurait aimé naître homme. Parton avait répondu : « Mon dieu, non, j'ai toujours été une gonzesse [« a sissy »]. Et si j'étais née homme, j'aurais été une drag queen. Parce que j'adore me pomponner ! » Ainsi fut-elle.



