Ce mercredi 12 août 2026, à partir de 19 h 15 environ, le soleil sera progressivement masqué par la lune à Montpellier, avec un pic d'obscuration de 96,7 % attendu à 20 h 25. Ce phénomène, aussi beau que rare, n'avait pas été observé depuis le sud de la France depuis le 11 août 1999. Selon Jean-Michel Faidit, docteur en histoire de l'astronomie et écrivain scientifique, « le prochain phénomène identique passant par Montpellier ne se produira pas avant l'an 2160 », précise-t-il.
Un spectacle exceptionnel à ne pas manquer
L'éclipse solaire de ce 12 août débutera vers 19 h 20 à Montpellier. Elle sera totale en Espagne, mais dans la ville héraultaise, elle atteindra 96 % d'obscuration, selon Jean-Michel Faidit. « Il s'agit du diamètre occulté par comparaison avec celui du soleil. C'est ce qui définit la grandeur de l'éclipse », explique-t-il. Cette différence avec l'éclipse de 1999 est notable : « il y a vingt-sept ans, l'éclipse passait au Nord de la France. Mais finalement, le rapport était kif-kif à Montpellier où ne restait qu'un croissant de soleil », ajoute-t-il.
Le prochain phénomène identique visible depuis Montpellier n'aura lieu que le 4 juin 2160. En attendant, en 2082, une éclipse annulaire sera observable. Ces données proviennent d'un tableau répertoriant tous ces phénomènes jusqu'en l'an 3000, comme le précise Jean-Michel Faidit.
Retour sur l'éclipse de 1999 : des leçons apprises
Jean-Michel Faidit se souvient de l'éclipse de 1999, où il avait lancé une alerte dans le quotidien Libération. Le gouvernement de l'époque avait concentré toutes les lunettes sur le Nord de la France, où l'éclipse était censée être la plus visible. Or, trois à quatre jours avant, on voyait que le ciel serait bouché. Dans le Sud, il y avait une pénurie de lunettes, et sur les plages, les vacanciers observaient le phénomène avec des « dangereux bricolages ». Une réunion avec la préfecture avait alors permis de distribuer des lunettes via les postes de secours sur les plages, une initiative bien organisée, selon lui.
Cette organisation a porté ses fruits : « L'institut de veille sanitaire avait noté que l'Hérault était le département où l'on avait constaté le moins d'accidents oculaires », souligne Jean-Michel Faidit. Il crédite le préfet de l'époque, Daniel Constantin, et son directeur de cabinet pour cette réussite.
Météorites et risques oculaires : ce qu'il faut savoir
Outre l'éclipse, Jean-Michel Faidit évoque d'autres phénomènes célestes. Une météorite est tombée à Noël 1959 à Saint-Chinian, et un corps céleste de dix mètres de diamètre est tombé il y a dix mille ans, façonnant le cratère de Caberolles (220 m de circonférence pour une trentaine de mètres de profondeur). Dans l'ancienne Occitanie, près d'une quarantaine de météorites ont été retrouvées au fil des siècles. Le risque d'impact d'un géocroiseur est « très faible », rassure-t-il.
Pour cette éclipse, Jean-Michel Faidit craint que l'on assiste au même phénomène qu'en 1999, mais il tempère : « Cela ne sera pas trop grave car l'éclipse se déroulera au moment du coucher de soleil et il y aura alors peut-être un peu de brume. Mais si le ciel est dégagé, il restera tout de même quatre pour cent du disque solaire. Et cela reste très lumineux quand même » (l'éclipse atteindra son maximum à 96,7 % d'obscuration à 18 h 58, selon une note de la rédaction). Il rappelle l'importance de protéger ses yeux, en particulier ceux des plus jeunes.



