Deux scientifiques éminents pilotent le programme One Health en Nouvelle-Aquitaine
Scientifiques pilotent One Health en Nouvelle-Aquitaine

Deux scientifiques de renom unissent leurs forces pour la santé en Nouvelle-Aquitaine

Le programme scientifique de grande ambition régionale (PSGAR) dédié à l'approche « Une seule santé » (One Health) bénéficie désormais de l'expertise combinée de deux figures majeures du monde scientifique. Les professeurs Marie-Cécile Ploy, microbiologiste à l'université de Limoges, et Denis Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux, coordonnent ensemble le volet santé humaine de cette initiative cruciale pour la région.

Un duo d'excellence face aux défis sanitaires

Ces deux « stradivarius » de la recherche, reconnus internationalement, apportent leurs compétences complémentaires sur des enjeux prioritaires. Le professeur Ploy se concentre sur la résistance aux antimicrobiens, tandis que le professeur Malvy axe ses travaux sur les maladies infectieuses émergentes. Leur mission commune : observer, prévenir et sensibiliser la Nouvelle-Aquitaine aux risques sanitaires contemporains.

La résistance aux antibiotiques représente un fléau majeur, comme le souligne Marie-Cécile Ploy : « En France, on déplore 8 000 décès par an, et les projections mondiales indiquent jusqu'à 39 millions de morts potentiels en 2050. La Nouvelle-Aquitaine, grande consommatrice d'antibiotiques, n'est pas épargnée. » Le programme régional vise précisément à cartographier et combattre ces mécanismes de résistance en synergie avec plusieurs équipes de recherche.

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Deux axes stratégiques pour anticiper les crises

Le PSGAR s'articule autour de deux projets phares. Le premier concerne la résistance aux antimicrobiens, et le second, nommé « Emerg – exposome microbien et risque sanitaire », se penche sur les grippes zoonotiques pouvant affecter l'humain. Denis Malvy explique que cette initiative régionale cherche à comprendre les conditions d'apparition et de propagation des maladies infectieuses, en tenant compte des spécificités territoriales, du changement climatique, de la perte de biodiversité et des mutations biologiques.

« La Nouvelle-Aquitaine pourrait servir de modèle reproductible », estime le professeur Malvy. Il cite l'exemple du virus du Nil occidental, apparu dans la région après les grands incendies de 2022. « Nous avions anticipé cette possibilité grâce à un suivi des oiseaux migrateurs et une vigilance accrue dans les haras. Notre réponse rapide, incluant l'alerte à l'Établissement français du sang et la destruction de 56 lots infectés, a permis d'éviter tout cas humain. »

Une vigilance accrue face aux menaces vectorielles

La préparation aux risques sanitaires s'intensifie. Récemment, Denis Malvy s'est rendu en Turquie avec un homologue espagnol pour étudier la transmission vectorielle des tiques, potentiellement vectrices de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. « Bergerac et Cognac ont déjà connu des cas de chikungunya transmis par les moustiques-tigres l'an passé. Nous devons anticiper et nous acculturer à ces risques », insiste-t-il.

Ce programme régional One Health, piloté par ces deux éminents scientifiques, illustre une démarche proactive essentielle pour protéger la santé publique en Nouvelle-Aquitaine face aux défis sanitaires du XXIe siècle.

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