Une géologue basque appelle à une réévaluation des études face au dérèglement climatique
Vanessa Roguier, technicienne supérieure géologue au bureau Géolithe Pays basque Adour à Bidart, dans les Pyrénées-Atlantiques, souligne l'urgence d'une lecture évolutive des études menées en 2011 et 2014 par le BRGM sur l'érosion de la Corniche basque. Elle apporte un regard extérieur et une prise de recul essentiels sur le devenir de la route de la Corniche, une question qui divise riverains et décideurs politiques.
Un travail rigoureux mais à actualiser
La géologue reconnaît la rigueur scientifique du travail de Christian Chappey, géologue retraité et membre de l'Association de défense des habitants de la Corniche basque, qui remet en question l'alarmisme des pouvoirs publics. « Cette personne s'appuie sur des estimations élaborées à partir d'événements passés, comme les crues décennales ou centennales, ce qui est la base de nos études », explique-t-elle. Cependant, Vanessa Roguier insiste sur le fait que les modèles de projection sont aujourd'hui questionnés par l'intensification des phénomènes climatiques, tels que la multiplication des tempêtes hivernales sur la côte basque.
L'aléa reste imprévisible malgré les surveillances
Alors que le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, gestionnaire de la RD 912, maintient une surveillance régulière via des capteurs, des drones LiDAR et des études géologiques récurrentes, et poursuit un projet de recul ponctuel du tracé sur les points les plus sensibles, Vanessa Roguier approuve cette prudence. « On ne peut pas prévoir où cela va tomber. Les facteurs sont multiples : la nature de la roche, son inclinaison, la fracturation, la résistivité… », détaille-t-elle. Elle ajoute que les études mécaniques, naturalistes et géologiques permettent d'identifier les points sensibles, mais l'aléa, même calculable, demeure toujours présent.
Ni pronostic ni déni de la fragilité
Vanessa Roguier se refuse à se prononcer sur l'avenir de la route de la Corniche, tout en évitant de nier la fragilité évidente du site. Elle met en avant la nécessité d'une approche adaptative, où les décisions doivent intégrer les nouvelles données climatiques pour mieux anticiper les risques d'érosion. Cette position équilibrée souligne l'importance de concilier expertise scientifique et réalités environnementales en mutation.



