Amsterdam, île subantarctique : un avant-poste scientifique face au climat
Amsterdam, île subantarctique face au climat

L'île d'Amsterdam, un avant-poste scientifique dans l'océan Indien

Après avoir quitté le golfe du Morbihan de la Grande Terre, dans l'archipel des Kerguelen, nous atterrissons sur l'île d'Amsterdam. Cette île, qui porte des noms bretons comme beaucoup dans ces territoires subantarctiques, présente une végétation et un climat rappelant fortement le Morbihan. « Ams », comme la surnomment ses habitants, offre un paysage moins spectaculaire que les îles Crozet ou Kerguelen, mais plus accueillant pour les visiteurs habitués aux climats tempérés.

Un climat breton en plein océan Indien

L'île bénéficie d'un climat tempéré, bien que souvent venteux. Lors de notre visite, le thermomètre affichait 18-19°C sur la base Martin-de-Viviès, avec un soleil parfois voilé par des nuages. Une température idéale pour arpenter l'île en polo, comme lors d'un été breton. La végétation se compose principalement de :

  • Joncs et graminées
  • Massifs généreux de capucines
  • Quelques cyprès sculptés par les vents

La base elle-même évoque un centre de vacances des années 1950, avec ses pavillons aux tons pastel défraîchis, séparés par des ruelles dallées de béton et bordées de plates-bandes et jardinets herbeux.

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Une faune à approcher avec précaution

L'île abrite de nombreuses otaries, dont il faut se méfier malgré leur apparence placide. Ces animaux peuvent attaquer soudainement avec une vélocité surprenante, et leurs morsures sont redoutables. Il est conseillé, lorsqu'on s'éloigne du centre de la base, de se munir d'un bâton pour maintenir une distance de sécurité.

Le chemin menant à la cale de débarquement est parsemé de bébés otaries au pelage sombre, semblables à de véritables peluches. Ces jeunes apprennent à faire la sieste seuls et se réfugient rapidement sous les gerbes de joncs si on s'approche trop près.

Un laboratoire naturel pour la recherche scientifique

Sur les hauteurs de la base, l'Institut polaire français Paul-Émile-Victor (Ipev) dispose de locaux et laboratoires dédiés à la recherche. Cet institut, qui sera bientôt restructuré pour intégrer l'Ifremer, gère des sites en Arctique, Antarctique et dans les îles subantarctiques, accueillant divers projets scientifiques.

L'île d'Amsterdam, considérée comme la plus isolée au monde, est réputée pour avoir l'un des airs les plus purs de la planète. Elle sert donc de sentinelle du climat, permettant de mesurer les effets du réchauffement climatique et des émissions humaines, même dans cet environnement présumé vierge.

Une infrastructure tournée vers l'autonomie et la sécurité

La base Martin-de-Viviès fonctionne en grande partie de manière autonome. Sa centrale électrique est alimentée à 80% par des panneaux solaires, tandis qu'une usine de potabilisation traite les eaux pluviales, seule source d'eau alimentaire et sanitaire disponible. L'eau est collectée sur les toitures, stockée dans des cuves et des citernes souples, puis traitée avant d'être distribuée.

L'année dernière, un feu de broussailles poussé par le vent a détruit le réseau électrique extérieur de la base, nécessitant l'évacuation du personnel et interrompant de nombreux projets scientifiques. Les prochains travaux viseront à sécuriser ce réseau en l'enterrant dans des goulottes de béton et à créer des chemins de dalles de béton faisant office de coupe-feu autour de la base.

La journée sur l'île est rythmée par le bruit des engins de manutention déchargeant les provisions, tandis que dans les moments de calme, on entend les aboiements et gémissements des otaries adultes et juvéniles, rappel constant de la vie sauvage qui entoure cet avant-poste scientifique.

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