Vague de chaleur: comment l'agriculture varoise s'adapte au climat
Vague de chaleur: l'agriculture varoise affectée

Si le Var n'est, pour l'heure, pas placé en vigilance canicule, contrairement à près de trente départements, la chaleur est intense pour un mois de mai : jusqu'à 31 et 33 °C attendus ce lundi de Pentecôte sur l'ensemble du territoire, avec même une maximale à 34 °C du côté de Barjols, Rians et Saint-Zacharie. Ces conditions affectent déjà la terre et les cultures. Maraîcher, viticultrice, éleveur ou horticultrice, ils témoignent.

Des poules au ralenti

Florent Vicaire, éleveur de volailles à Saint-Maximin, sait que la hausse des températures va causer une baisse de la productivité de ses poules. « Ce n'est pas encore le cas, mais les taux de ponte vont diminuer de 80 à 60 % », assure-t-il, inquiet des conséquences économiques. « Les poules sont un peu comme nous quand il fait trop chaud : ralenties », compare celui qui est aussi président d'AgribioVar. Son principal rempart pour les jours à venir : s'assurer que ses animaux ont suffisamment à boire afin qu'en plus de la chaleur, ils ne souffrent pas aussi de stress hydrique.

Les maraîchers sous tension

Bruno Bertrand, maraîcher à Solliès-Pont, relativise : « La vague de chaleur est présente, mais moins qu'ailleurs. » Ce lundi après-midi, il a tout de même attendu 16 h 30 et une température plus clémente pour se rendre sur son terrain. Sa production est dévolue aux Têtes d'ail, son restaurant à Toulon. Un retard de production serait synonyme de moins de tomates, aubergines et autres légumes d'été dans les assiettes de ses convives. « On sortirait donc la carte estivale un peu plus tard. » Il observe toutefois des plants mis en terre tardivement : « On n'a pas un début de croissance superbe… La chaleur pourrait fatiguer les plus jeunes, freiner leur développement racinaire. » Et ainsi entraîner une récolte moins dense. À Solliès-Pont, Bruno Bertrand est aussi attentif à l'eau. Utilisateur du Canal de Provence via un goutte-à-goutte, il arrose ces jours-ci « un peu plus que la normale, de façon très localisée ». Si l'hiver a été pluvieux, les précipitations se sont faites rares depuis le printemps. Résultat : avec la chaleur, le sol durci se fissure déjà comme en plein été.

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Vignes déréglées et récoltes en avance

À quelques kilomètres de là, Pascale Martin remarque la même chose. « On n'a pas pu sortir les tracteurs pendant un moment tant la terre était molle à cause des pluies, détaille cette viticultrice. Maintenant, on sent bien que les sols sont très durs. » Coopératrice des Maîtres vignerons de Gonfaron, elle constate surtout l'avance des vignes, « d'une bonne semaine ». Elle ne plaisante qu'à moitié lorsqu'elle lance : « Bientôt, on vendangera en juillet ! » Elle n'observe pas encore d'effet de la vague de chaleur sur ses ceps, mais s'interroge : « La vigne est aussi déréglée que le climat, dont le changement a des impacts indéniables. » Selon le type de vigne, leur âge et leur terroir, elle peut réagir différemment à cette chaleur précoce. « Soit elle est résiliente et on aura un très beau millésime. Soit elle est en stress complet et elle se referme totalement. C'est assez déroutant ! », conclut la viticultrice.

Pivoines et hortensias : saison écourtée

Sur les terres hyéroises de Noémie Garcia, la saison des pivoines est bien finie. « On n'en aura pas pour la fête des mères », précise l'horticultrice, illustrant ainsi l'avance de la récolte. Celle des hortensias n'est pas pour tout de suite. La professionnelle espère donc passer entre les gouttes de la vague de chaleur. Elle reste cependant dans l'attente de voir comment se comporteront les plantes qui s'apprêtent à sortir de terre : « Là, elles prennent des informations et elles produiront en fonction de ces informations, mais on ne peut pas prévoir ce qu'elles en feront ! »

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