Événementiel : comment le secteur s'adapte à la crise du kérosène
Événementiel : s'adapter à la crise du kérosène

Depuis le début du conflit en Iran, salons, événements sportifs et séminaires d'entreprises font face à des vols annulés, des coûts en hausse et un casse-tête logistique. Mais ils s'adaptent.

Un secteur sous pression

Jusqu'au dernier moment, Tom (le nom a été changé) s'est inquiété : combien de participants allaient se désister de l'événement qu'il prépare depuis plusieurs mois ? À la pelle, des inscrits contactaient son équipe, spécialisée dans l'organisation de manifestations sportives en Europe pour un public international d'amateurs. « Leur vol était annulé en raison de la crise du kérosène et ils craignaient de ne pas pouvoir rejoindre le lieu du rendez-vous en temps voulu », explique-t-il. Son événement a finalement pu se dérouler, après des nuits blanches à trouver des solutions pour limiter les absences et les pertes financières.

Depuis fin février 2026, le transport aérien mondial est en turbulences. Des espaces aériens ont été fermés dans le Golfe et les annulations de vols se multiplient face à la flambée du carburant, le prix de la tonne de kérosène ayant plus que doublé en quelques semaines. Sur le seul mois de mai, 13 000 vols supplémentaires ont été supprimés. Pour l'événementiel, qui s'est internationalisé, l'impact est tangible.

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Réorganisation en chaîne

Salons professionnels, congrès, événements sportifs, séminaires d'entreprises : leur succès repose sur la venue en avion de participants, invités, commerciaux, partenaires. Le Grand Prix de Formule 1 d'Australie, début mars, s'est transformé en cauchemar logistique : les trajets de près de 1 000 membres du personnel ont dû être réorganisés en urgence. Le Mipim de Cannes a aussi été touché, avec des entreprises empêchées de faire venir leurs collaborateurs basés à Dubaï et des délégations du Golfe peinant à rejoindre la Côte d'Azur.

Quand l'aérien se dérègle, les organisateurs jonglent avec de nombreuses réactions en chaîne : réorganisation des transferts, modification des dates d'hôtel, renégociation des prestations avec les sous-traitants. Pour l'heure, le risque concerne davantage la logistique que des annulations d'événements, mais la pression existe.

Anticipation et flexibilité

« La force de notre métier est de trouver en permanence des solutions aux problèmes. Il faut penser à tous les scénarios possibles, anticiper, rebondir et réorganiser très vite », relativise Stéphane Abitbol, président de Lévénement, l'organisation professionnelle des agences de communication événementielles françaises. Ce n'est pas un hasard si l'organisation d'événements figure parmi les domaines les plus stressants.

L'Europe et le train privilégiés

Pour limiter les risques, les spécialistes revoient leurs programmes. D'abord dans le choix des destinations : depuis octobre 2023, le Moyen-Orient est délaissé. « Nous n'organisons pas d'événements dans des zones instables. Nous privilégions l'Europe », dit Stéphane Abitbol. Autre changement : le train gagne du terrain, non pour des raisons économiques — il coûte souvent plus cher que l'avion — mais pour des considérations environnementales et logistiques. « Cela oriente vers des destinations accessibles en train, donc plus proches. C'est beaucoup plus simple », souligne-t-il.

Un secteur résilient

Attentats à Paris et Nice, pandémie, guerre en Ukraine, inflation, urgence écologique : l'événementiel a été mis à rude épreuve et a su rebondir. « Les crises se succèdent, avec des effondrements parfois brutaux mais aussi des reprises rapides », dit Olivier Petit, directeur général du cabinet In Extenso Tourisme, Culture & Hôtellerie. Depuis la période post-Covid, le secteur des séminaires et événements d'entreprise s'est dynamisé grâce au télétravail. Mais un ralentissement est observé depuis quelques mois. Quelles seront les conséquences de la crise énergétique actuelle ? Une certitude : elle « va entraîner le renchérissement de nombreuses charges (transport, chauffage, énergie, coût des matières) », prévient Olivier Petit. Le compte d'exploitation des entreprises s'en trouvera alourdi.

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