En Charente-Maritime, la pollution des sols provoquée par une ancienne usine d’engrais rend des dizaines de maisons inhabitables. L’exploitant de l’usine, la société Timac Agro (groupe Roullier), a été sommé par la préfecture de prendre des mesures pour remédier à la situation, selon les informations du Monde.
Des dizaines de maisons touchées par la pollution aux nitrates et métaux lourds
Les analyses menées par les autorités ont révélé des taux de nitrates, de phosphates et de métaux lourds (notamment du cadmium et du plomb) largement supérieurs aux seuils réglementaires dans les sols de plusieurs communes situées autour de l’usine, située à La Rochelle. Les habitations concernées se trouvent principalement dans les quartiers résidentiels de la zone industrielle de Chef-de-Baie, à proximité immédiate de l’établissement.
Selon le rapport de l’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine, cité par le journal, au moins 35 maisons sont aujourd’hui considérées comme inhabitables en raison de la contamination des sols. Les résidents ont été contraints de quitter leur domicile, certains depuis plusieurs mois, et vivent dans des logements temporaires.
L’usine d’engrais sommée d’agir par la préfecture
La préfecture de la Charente-Maritime a adressé, le 18 août 2026, une mise en demeure à la société Timac Agro, lui ordonnant de réaliser des travaux de dépollution des sols sur les parcelles contaminées. L’arrêté préfectoral, dont Le Monde a eu copie, exige que l’exploitant prenne en charge le nettoyage des terrains et l’indemnisation des propriétaires.
« Nous avons été informés de cette décision et nous allons nous conformer aux obligations qui nous sont imposées », a déclaré un porte-parole de Timac Agro, cité par le quotidien. L’entreprise dispose d’un délai de six mois pour présenter un plan de dépollution détaillé, sous peine de sanctions financières.
Des conséquences sanitaires et économiques pour les riverains
Les habitants concernés ont exprimé leur colère et leur inquiétude face à cette situation. « Nous avons investi toutes nos économies dans cette maison, et aujourd’hui elle ne vaut plus rien. On nous demande de partir sans savoir quand nous pourrons revenir », a témoigné une riveraine, dont le témoignage a été rapporté par Le Monde.
L’ARS a également recommandé aux personnes ayant vécu dans ces habitations de réaliser des bilans de santé, en raison des risques liés à l’exposition prolongée aux métaux lourds. Une association de défense des riverains a été créée pour suivre l’évolution du dossier et demander des comptes aux autorités et à l’exploitant.
La pollution des sols autour de l’usine d’engrais de La Rochelle est un problème ancien, mais les mesures de dépollution n’avaient jusqu’ici jamais été imposées de manière aussi contraignante. La préfecture a indiqué que le suivi du dossier serait assuré par une commission de suivi de site, réunissant élus, riverains et représentants de l’entreprise.



